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Vietnam
Appel à mobilisation

Arrestation de Nguy Thi Khanh : le Vietnam veut museler les militants écologistes

Nguy Thi Khanh est une figure emblématique mondiale de la lutte contre le changement climatique. Depuis 2008, elle était impliquée dans un travail scientifique et de plaidoyer contre les centrales à charbon au Vietnam, au profil d’énergies renouvelables. De ce fait, elle a été arrêtée en janvier 2022 puis condamnée à deux ans d’emprisonnement en juin dernier.
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Le 12 / 07 / 2022

Mobilisons-nous auprès des autorités vietnamiennes pour demander la libération de Nguy Thiu Khanh !
 

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Une activiste reconnue mondialement mais désavouée par son pays

En 2011, Nguy Thi Khanh a fondé le « Green Innovation and Development Centre » (GreenID), une ONG visant à promouvoir l’énergie renouvelable au Vietnam. Elle a également mis en place un réseau de onze organisations environnementales vietnamiennes et internationales qui collaborent sur des problématiques énergétiques régionales. Pour l’ensemble de son travail, elle a reçu plusieurs prix internationaux dont, en 2018, le prestigieux Goldman Environmental Prize, l’équivalent d’un « prix Nobel » de l’environnement. Un an plus tard, elle s’est vue décerner le « Climate Breakthrough Award » reconnaissant son travail et son implication aux côtés des agences étatiques vietnamiennes, avec lesquelles elle a longtemps collaboré. Toutefois, sa notoriété l’a exposée à un harcèlement et une surveillance croissants de la part de ses opposants via des médias d’Etat et des campagnes de diffamation en ligne, pour avoir simplement exercé son droit à la liberté d’expression en prenant publiquement position en faveur des énergies renouvelables.

Un procès inéquitable condamné internationalement

Nguy Thi Khanh a mené un travail soutenu de plaidoyer auprès des agences de l’Etat vietnamien avec lesquels elle a collaboré, afin de réduire la part énergétique des centrales à charbon dans le pays. Toutefois, le gouvernement n’a pas tenu ses engagements et a choisi de privilégier le développement industriel du pays à l’écologie. Aussi, elle a été condamnée le 17 juin 2022 pour évasion fiscale par les autorités vietnamiennes, au motif qu’elle n’avait pas payé des impôts dus sur la somme qu’elle a reçue lors de la remise du Goldman Environmental Prize. Les autorités judiciaires ont nié le lien entre sa condamnation et ses activités liées au changement climatique. Or, il ressort d’une déclaration publique de son époux qu’elle ignorait devoir payer ces taxes à l’époque et qu’elle a depuis reconnu ce défaut de paiement lors de son procès, précisant qu’elle était prête à l’honorer. En outre, à ce jour, il n’apparaît pas qu’elle ait été représentée par un avocat lors de son procès, en contradiction avec les standards internationaux sur le procès équitable. Les gouvernements des Etats-Unis, du Canada, du Royaume-Uni et de la France ont unanimement et publiquement condamné cette décision. Aussi, l’ACAT-France demande la libération immédiate et sans conditions de Nguy Thi Khanh.

 

CONTEXTE

Une vague inquiétante d’arrestations de militants écologistes

Les arrestations se multiplient : à ce jour, depuis le début de l’année 2022, au moins trois autres activistes vietnamiens emblématiques de la cause écologiste ont été ciblés par les autorités et condamnés pour évasion fiscale. Or, il apparaît que tous avaient également rejoint un réseau informel d’ONG (VNGO) chargé de piloter la mise en œuvre des clauses relatives aux droits humains du traité de libre-échange UE-Vietnam (EVFTA). Ratifié le 12 février 2020 par le Parlement européen réuni en session plénière, l’EVFTA avait fortement mobilisé la société civile vietnamienne et internationale. L’ACAT-France, notamment, avait alerté sur les risques que cette ratification entraînait pour le respect des droits fondamentaux des défenseurs des droits humains, en l’absence d’engagements de l’Etat vietnamien en ce sens dans ce texte.

Dès lors, plusieurs ONG internationales ont régulièrement alerté sur les liens entre le nombre croissant d’arrestations de membres de la société civile et leur implication dans le réseau VNGO-EVFTA. En outre, elles ont dénoncé le recours aux accusations fallacieuses d’évasion fiscale, utilisées comme prétexte par les autorités vietnamiennes pour faire taire ces militants.

Alors que, en 2016, les autorités vietnamiennes ciblaient des militants plus méconnus, des citoyens ayant agi ponctuellement pour dénoncer une catastrophe environnementale, tels que Nguyen Van Hoa, pour lequel l’ACAT-France est mobilisée, il semble que désormais ces répressions s’étendent même aux activistes les plus emblématiques de cette cause, installés depuis des années dans cette lutte dont ils ont fait leur secteur d’activité et susceptibles de mobiliser la communauté internationale en leur faveur. Du reste, cette tendance au tout-répressif est d’autant plus inquiétante que le gouvernement Vietnamien semble faire fi de l’atteinte que ce musellement de l’activisme écologiste porte à son image sur la scène internationale, particulièrement quant à la crédibilité de ses engagements environnementaux. En effet, malgré ces pratiques, le Vietnam a récemment déclaré qu’il atteindrait zéro émission nette d’ici 2050 lors de la vingt-sixième Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 26) et le représentant du ministère des affaires étrangères a réaffirmé l’engagement du pays en faveur de la protection de l’environnement.

 

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