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Rapport

Un monde tortionnaire : 12 nouveaux éclairages pays pour comprendre le recours à la torture

Le 26 juin 2021, à l’occasion de la Journée internationale des Nations unies pour le soutien aux victimes de la torture, l’ACAT-France a publié la 6ème édition de son rapport Un monde tortionnaire. Douze États font l’objet d’un éclairage sur les pratiques tortionnaires et sur ce que leur acceptation, leur légitimation et leur banalisation disent des sociétés.
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Le 01 / 09 / 2021

Le 26 juin 2021, à l’occasion de la Journée internationale des Nations unies pour le soutien aux victimes de la torture, l’ACAT-France a publié la 6ème édition de son rapport Un monde tortionnaire. Douze États y font l’objet d’un éclairage sur les pratiques tortionnaires et sur ce que leur acceptation, leur légitimation et leur banalisation disent des sociétés.

Avec 171 États liés à la Convention contre la torture[1], dont l’article 2 en interdit le recours sans exception, la torture pourrait être considérée comme universellement éradiquée, sinon marginalisée . La représentation que l’on se fait de la torture est souvent tronquée ou incomplètes (quelle(s) forme(s) prend-elle ? dans quel(s) pays y a-t-on recours ? contre qui est-elle dirigée ?). Sa pratique persiste partout sur la planète. Elle contamine les démocraties, explose sous forme de mauvais traitements dans les établissements pénitentiaires et met en danger de mort les défenseurs des droits humains.

Soutenue par Nils Melzer, Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, qui en a rédigé l’avant-propos, la 6ème édition d’Un monde tortionnaire poursuit une étude entreprise par l’ACAT-France en 2010. L’ambition est inchangée, rendre compte de l’emprise de la torture en vue de son éradication. Qui dit nouvelle édition dit aussi nouvelle méthode : les articles explorent désormais plusieurs angles de réflexion en s’appuyant sur douze pays dont ils proposent un éclairage original : Angola, Égypte, États-Unis d’Amérique, France, Israël/Palestine, Mauritanie, Mexique, Philippines, République du Congo, Sri Lanka, et Viêtnam.

Un recours à la torture dangereux parce que contagieux

Les violations des droits humains reçoivent parfois le concours du peuple et des voies démocratiques qu’elles pervertissent. Assumés par Rodrigo Duterte qui a en avait fait un argument de campagne lors de l’élection présidentielle de 2016 aux Philippines, ces violations ont ainsi permisi au président élu de capitaliser jusqu’à 85% d’approbation en dépit de – ou grâce à – sa « guerre » brutale et sanglante menée contre la drogue au mépris du droit. Les possibles dizaines de milliers de meurtres de personnes soupçonnées d’être impliquées dans le trafic de drogue n’auront eu que peu d’effets sur son plébiscite.

Cet exemple, tiré du rapport, illustre ce que Marc Crépon, philosophe, Directeur de recherche au CNRS et Directeur du master de philosophie à l’École normale supérieure, nomme dans son article liminaire la « trouble séduction » de la torture : « [l]a paranoïa propre aux régimes d’oppression induit, en effet, le soupçon que toute opposition politique est susceptible de se développer secrètement, qu’elle est en tout cas plus étendue qu’il n’y paraît. […] Sa folie meurtrière repose donc sur la conviction que la "sûreté" de l’État ne devrait s’interdire aucun moyen pour extirper des consciences, arracher aux corps la vérité "malveillante" qu’ils dissimulent. Or cette conviction est contagieuse. Elle brouille aujourd’hui la frontière entre dictature et démocratie, de telle sorte qu’aucune société n’est à l’abri d’en venir insidieusement à consentir à la torture », analyse-t-il.

Les formes insidieuses des peines et traitement cruels, inhumains et dégradants

La torture peut prendre de nombreuses autres formes, plus dissoutes, beaucoup moins bien perçues, moins visibles ou moins perceptibles du grand public mais tout aussi répandues. En abandonnant les détenus à la surpopulation qu’alimente un recours disproportionné à la détention provisoire, ou en les soumettant à des isolements prolongés ou des absences répétées de soins, les États se rendent coupables de mauvais traitements qui abîment, blessent, tuent et nient l’humanité des personnes. Ce sont autant de pratiques que cette 6ème édition illustre à partir de nouvelles études de cas.

Ce nouveau rapport ne se limite d’ailleurs pas à une radiographie des sociétés mais propose également les pistes qui permettront à nos sociétés de guérir de la torture. Il balaie ainsi les nombreux enjeux sous-jacents du combat contre la torture : l’écoute, la reconnaissance et la réhabilitation des victimes, le renforcement de l’État de droit ou encore la lutte contre l’impunité.

L’édition 2021 d’Un monde tortionnaire, qui a réuni experts, universitaires et acteurs engagés pour la défense et la promotion des droits humains, témoigne de la conviction profonde et de la mobilisation permanente de l’ACAT-France pour remplir son mandat au service des victimes, depuis sa fondation en 1974 : les États doivent être mis au-devant de leurs obligations internationales en matière de droits humains. La dignité humaine ne fera jamais l’objet de compromis.

Retrouvez la 6ème édition de notre rapport Un monde tortionnaire en intégralité.

L’ACAT-France vit de votre générosité. Vous pouvez acheter l’édition physique directement auprès du Secrétariat national, par téléphone au 01 40 40 71 20 ou bien sur place au 7 rue Georges Lardennois, 75019 Paris.
Prix : 12€ (sur place) / 15€ (frais de port compris) / 25€ les 3 exemplaires (frais de port compris).

Télécharger le bon de commande à nous retourner.

Vous pouvez également consulter les Cahiers d'Un monde tortionnaire, pays par pays :

Angola – « Le phénomène tortionnaire », par Clément Boursin

Congo-Brazzaville – « Affaire Chacona : une justice qui ne répare pas l’injustice », par Trésor Nzila et Barthélemy Dioh

Égypte – « L’Égypte d’Al Sissi – Comment un  pouvoir autoritaire a pu s’imposer après le Printemps arabe », par Élias Geoffroy  

États-Unis d’Amérique – « Condamnés à mort aux États-Unis : des sous-détenus ? », par Anne Boucher

France – « La détention provisoire en France », par Éric Mirguet 

France – « Droit d’asile et vulnérabilités : un système défaillant », par Mélanie Louis

Israël – « La détention administrative,  un outil de répression de la société civile palestinienne », par Élias Geoffroy

Mauritanie – « Les conditions de détention », par Clément Boursin

Mexique – « Réhabiliter les victimes pour éradiquer la torture », par Anne Boucher

Philippines – « Rodrigo Duterte : ambassadeur de la torture en démocratie », par Jade Dussart

Sri Lanka – « Un pouvoir en guerre contre la vérité et la justice », par Éric Mirguet

Viêtnam – « Mauvais traitements au Viêtnam – Des armes de déshumanisation massive contre les défenseurs des droits », par Jade Dussart

 

Contact presse
Louis Linel, Chargé de communication et plaidoyer
communication@acatfrance.fr | +33 (0) 1 40 40 74 10 | +33 (0) 6 27 76 83 27


[1]  Le 10 août 2021, le Soudan est officiellement devenu le 172ème États partie à la Convention contre la torture.

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