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Communiqué

Quand France 2, Yann Arthus Bertrand et Ali Baddou font disparaître le Sahara occidental

Le 22 juin, France 2 a diffusé le documentaire « le Maroc vu du ciel », réalisé par Yann Arthus Bertrand et commenté par Ali Baddou. Ce commentaire présente le Sahara occidental comme une province marocaine, alors qu’il est reconnu par l’ONU comme un territoire non-autonome, occupé par le Maroc, constituant ainsi la dernière colonie d’Afrique. L’ACAT demande la publication d’un rectificatif par France 2, Yann Arthus Bertrand et Ali Baddou.
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Crédits : Daniel Bobadilla / Flickr Creative Commons
Le 27 / 06 / 2017

Le 22 juin, France 2 a diffusé le documentaire « le Maroc vu du ciel », réalisé par Yann Arthus Bertrand et commenté par Ali Baddou. Ce commentaire présente le Sahara occidental comme une province marocaine, alors qu’il est reconnu par l’ONU comme un territoire non-autonome, occupé par le Maroc, constituant ainsi la dernière colonie d’Afrique. L’ACAT demande la publication d’un rectificatif par France 2, Yann Arthus Bertrand et Ali Baddou.

A plusieurs reprises, le documentaire fait apparaître une carte du Maroc qui présente d’un seul tenant un territoire allant du nord du Maroc au sud du Sahara occidental.  Or, le Maroc occupe illégalement le territoire en violation du droit international. En gommant le Sahara occidental de la carte, le documentaire nie l’existence du peuple sahraoui, qui lutte depuis plus de 40 ans pour son autodétermination.

« Cette perspective sur la géographie marocaine est loin d’être innocente » a déclaré Hélène Legeay, responsable Maghreb/Moyen-Orient à l’ACAT. « Nous demandons à France 2, Yann Arthus Bertrand et Ali Baddou de publier un rectificatif expliquant que le Sahara occidental est un territoire non autonome en attente d’autodétermination, et non pas une province marocaine. »

La Marche verte de 1975 est présentée comme « une grand marche pacifique (…) qui libéra ces territoires du sud de l’occupation espagnole », alors qu’elle marque pour les Sahraouis le début de la colonisation massive illégale de leur territoire. Aucune mention n’est faite de la condamnation de la Marche par le Conseil de sécurité des Nations unis.

Ali Baddou fait une seule fois référence au fait que le Sahara occidental n’est pas une province du Maroc, en indiquant que « le Maroc attend que sa souveraineté sur le Sahara soit entériné par l’ONU. » Il ne mentionne pas le fait que selon l’ONU, le statut de territoire doit être déterminé par les Sahraouis eux-mêmes à travers un référendum auquel le Maroc s’oppose fermement depuis des décennies.

Les informations erronées et partiales diffusées par « le Maroc vu du ciel » sont lourdes de conséquences. Ce documentaire contribue à la désinformation du public français en contradiction avec la vocation éducative du service public audiovisuel.

Repères : le Sahara occidental, un territoire occupé miné par les violations des droits de l’homme

Le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, est considéré par les Nations unies comme un territoire non autonome en attente de son autodétermination. Il est occupé par le Royaume du Maroc depuis 1975. Une occupation illégale, le Maroc n’étant pas reconnu par les Nations unies comme la puissance administrante.

Les personnes qui défendent l’auto-détermination du Sahara occidental sont fréquemment l’objet d’atteintes à la liberté d’expression, d’arrestations, de procès inéquitables, de tortures et de mauvais traitements. Certaines ont été condamnées à de très lourdes peines sur la base d’aveux obtenus sous la torture. Ce fut le cas pour les membres du groupe de Gdem Izik qui sont actuellement rejugés par la cour d’appel de Rabat. ? L'ACAT vient de saisir plusieurs rapporteurs spéciaux des Nations unies pour dénoncer les violations graves du droit à un procès équitable dont les 24 accusés sont victimes.

En 1991, après 15 ans de conflit armé ayant fait fuir la moitié des sahraouis vers des camps de réfugiés en Algérie, l’ONU a créé la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Elle a pour mandat de maintenir un cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario qui revendique l’indépendance du Sahara occidental et qui a créé en 1976 la République arabe sahraouie démocratique (RASD) actuellement souveraine sur seulement 20% du territoire revendiqué. L’autre mandat de la MINURSO est l’organisation d’un référendum d’autodétermination définitivement rejetée par le Maroc en 2003, après que la MINURSO a refusé d’inscrire sur la liste des électeurs des dizaines de milliers de colons marocains capables de faire basculer le scrutin.

Depuis le départ de l’Espagne, le Maroc n’a cessé de consolider son occupation du territoire. Sous la pression de la colonisation massive, trois-quarts de la population est d’origine marocaine et les autochtones sont aujourd’hui en minorité. Le Maroc exerce un contrôle administratif et sécuritaire total, notamment grâce à la construction d’un mur de sable achevé en 1987 qui scinde le territoire sahraoui laissant seulement 20% des terres revendiquées par les autochtones au Front Polisario. Ce mur de 2700 km, absent du documentaire de Yann Arthus Bertrand, est le plus long mais aussi le plus miné du monde.

Contact presse :

Pierre Motin, 01 40 40 40 24 / 06 12 12 63 94 pierre.motin@acatfrance.fr

Notes aux rédactions :

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