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Chine
Communiqué

Prisons noires, répression de la société civile et impunité : en Chine, la torture reste endémique

A l’occasion du nouvel an chinois, lundi 8 février, l’ACAT publie une analyse de la torture en Chine, qui détaille le caractère extrêmement répandu du phénomène tortionnaire et la multiplicité des méthodes de torture et des lieux de détention utilisés par les forces de sécurité publique du pays.
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Le 08 / 02 / 2016

En Chine, toute personne suspectée d’infraction pénale est susceptible d’être touchée par la torture. Les risques sont encore plus élevés pour les dissidents, les militants des droits de l’homme, les pétitionnaires, les membres de minorités ethniques ou les membres du Falungong et ceux des églises clandestines.

Malgré la suppression de la rééducation par le travail (laojiao) fin 2013, la détention au secret reste une pratique communément utilisée contre les populations marginalisées, des pétitionnaires aux consommateurs de drogues en passant par les prostituées. La multiplication des prisons noires, des centres de détention et d’éducation ou encore des centres de désintoxication forcée souligne le règne de l’arbitraire dans l’empire du Milieu. Par ailleurs, depuis le lancement de la campagne de lutte contre la corruption par le Président Xi Jinping, la détention secrète sous la pratique du shuanggui est devenu l’un des outils de prédilection des cadres de la Commission centrale de discipline du parti pour faire parler les suspects.

L’année 2015 a été marquée par une forte répression de la société civile, des féministes, des ouvriers et des avocats ayant été détenus et maltraités. Les condamnations successives d’avocats pour des crimes tels que « subversion du pouvoir de l’Etat » en ce début d’année 2016 n’augurent rien de bon pour l’avenir. En s’en prenant aux avocats et aux militants, le pouvoir prive les victimes d’abus de défenseurs et le pays des principaux acteurs du respect de l’Etat de droit.

Ce rapport fait état de plusieurs témoignages de victimes détaillant les sévices auxquelles elles ont été soumises, les supplices les plus célèbres étant celui du « banc du tigre » et de la « chaise suspendue », souvent utilisés contre les membres du Falungong et les avocats des droits de l’homme. Il analyse également les manquements de la Chine à ses obligations internationales et la faiblesse des dispositions de son droit interne pour prévenir la torture et condamner les tortionnaires.

Selon Charles Desfarges, chargé de la Chine à l’ACAT, « près de quarante ans après le lancement de la période de "réformes et d’ouverture" par Deng Xiaoping, la torture reste une méthode d’interrogatoire fréquemment utilisées par les forces de sécurité chinoises. » L’absence d’organisme indépendant de supervision des forces de police, le rôle décisif des aveux dans la procédure pénale et le contrôle croissant exercé par le pouvoir sur les avocats sont autant d’éléments qui rendent l’éradication du phénomène tortionnaire en Chine particulièrement difficile.

Contact presse :

Pierre Motin, 01 40 40 40 24 / 06 12 12 63 94 pierre.motin@acatfrance.fr

Note aux rédactions :

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