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Communiqué

ONE PLANET SUMMIT : Un green-washing à ne pas rater

Aujourd’hui s’ouvre à Paris le « One Planet Summit ». Ce sommet, qui veut « verdir la finance », est vu comme une occasion à ne pas rater pour un bon nombre des pays invités par la France. L’ACAT dénonce vivement la présence de certains pays où l’assassinat et la torture des défenseurs de l’environnement est monnaie courante. Comment préserver l’environnement, quand un défenseur de la planète est assassiné toutes les semaines ?
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Le 12 / 12 / 2017

Ils sont une cinquantaine de pays à avoir répondu présents à l’invitation du président français Emmanuel Macron. Si l’objectif de ce sommet est de mettre en œuvre la transition énergétique mondiale, encore faudrait-il s’assurer que cessent les violentes répressions que subissent les défenseurs de l’environnement dans le monde. Les assassinats, menaces, arrestations, emprisonnement et condamnations sont autant de risques réels pour les citoyens défendant la cause de l’environnement.

La répression générale menée contre la société civile et les activités de défense des droits de l’homme touche également ceux qui  expriment leurs préoccupations sur l’environnement, qu’ils manifestent pacifiquement contre des infrastructures polluantes, ou qu’ils travaillent simplement pour des organisations environnementales.

Et les chiffres sont glaçants : Les défenseurs de l’environnement sont de plus en plus la cible de meurtres dans le monde : ils seraient au moins 200 morts en 2016. En réalité, ce chiffre serait bien plus élevé car les assassinats et autres exactions subies par les défenseurs ne sont pas toujours signalés.

Des pays parmi les plus dangereux

L’ACAT dénonce la présence de ces pays qui use de la restriction, du contrôle et de la criminalisation pour stopper des activités de défense de l’environnement. Parmi les pays les plus dangereux pour les défenseurs de la planète, certains seront dès demain à Paris dans le cadre du sommet :

Vietnam : Me Nam condamnée à mort pour avoir dénoncé la pollution des eaux

En 2016, Nguyễn Ngọc Như Quỳnh (plus connue au Vietnam, sous le nom de Me Nam) avait écrit sur sa page Facebook des articles concernant la gestion déplorable par les autorités vietnamiennes des graves problèmes de pollution des eaux. Ces écrits lui ont valu une condamnation en 2017 à 10 ans de prison.

Cambodge : Leng Ouch craint pour sa vie car il défend la forêt.

« Je sais que ma vie et même ma famille est en danger. Je peux être inculpé, arrêté ou tué, mais je continue à tenter de sauver la forêt. »

Leng Ouch est un avocat militant contre la déforestation  de la forêt de Prey Lang et lauréat du prix Goldman 2016, surnommé « l’oscar vert ».  Il a documenté méticuleusement depuis des années et dénoncé la collusion entre les géants de l’industrie du bois et des hauts responsables cambodgiens.

Chine : Wang Xili contraint à l’exil pour avoir dénoncé une pollution environnementale

Avril 2017: Chen Ruifeng, Mai Pinglin, Mai Yingqiang et Wang Er ont été arrêtés par la police du Guangdong pendant une manifestation dénonçant une pollution environnementale locale. Le militant Wang Xili a dû lui s’enfuir demander l’asile en Thaïlande craignant d’être arrêté.

La participation du roi Mohamed 6 au sommet ne doit pas faire oublier  les violations du droit international commises sur ce territoire et l’exploitation illégale des ressources naturelles par le Maroc dont sont victimes les Sahraouis, parfois avec la complicité d’entreprises internationales. Il y’a deux ans, jour pour jour, devant ses pairs réunis pour la COP21, Mohammed VI présentait le Maroc comme « l’un des acteurs majeurs de la transition énergétique dans le monde », justifiant ainsi que son pays ait été choisi pour accueillir la COP22. Les projets du royaume chérifien en matière d’énergie renouvelable seraient louables s’ils ne s’ancraient pas dans une illégalité flagrante.

En effet, une part importante des parcs éoliens mis en place ces dernières années sont implantés frauduleusement hors du territoire marocain, dans ce qu’il est coutume d’appeler la dernière colonie d’Afrique : le Sahara occidental. Une exploitation lucrative des ressources énergétiques à laquelle les Sahraouis s’opposent et dont ils ne tirent guère de profit.

Au Mexique, c’est aussi les bénéfices d’un « green-washing » que le président Peña Nieto pourrait venir chercher en France, alors que le pays connaît une crise des droits de l’homme sans précédents. L’ONU, le système interaméricain des droits de l'homme et de nombreuses ONG internationales ont alerté sur les violations massives des droits de l’homme depuis 2006. La politique gouvernementale de guerre contre le crime organisé a contribué au désastreux bilan de 32 000 disparitions, plus de 200 000 homicides -dont 2 764 pour le seul mois d’octobre 2017- et environ 8 000 plaintes pour torture. En ce moment même, le parti présidentiel est en passe de faire adopter au congrès une loi donnant encore plus de pouvoir aux militaires, pourtant mis en cause dans de nombreuses atteintes aux droits de l’homme.

Contact Presse : Mariam Chfiri, mariam.chfiri@acatfrance.fr ; 01.40.40.40.24/06.28.75.47.94

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