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Angola
Communiqué

L’Angola préside le Conseil de sécurité mais refuse de libérer un défenseur des droits de l’homme

Alors que l'Angola préside le Conseil de sécurité de l'ONU en mars 2016, il continue à bafouer les recommandations et autres avis des Nations unies quant à la situation déplorable des droits de l’homme sur son territoire.
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Le 11 / 03 / 2016

L’Angola préside durant tout le mois de mars 2016 le prestigieux Conseil de sécurité des Nations unies à New-York. Les autorités angolaises en sont fières et ne manquent pas rappeler leur disponibilité à s’engager dans l'établissement de la paix et de la stabilité dans le monde et plus particulièrement dans la région des Grands Lacs en Afrique centrale. Pourtant, l’Angola bafoue continuellement les recommandations et autres avis des Nations unies quant à la situation déplorable des droits de l’homme sur son territoire.

L’Angola n’admet aucune critique venant des instances des Nations unies

Le 19 août 2015, le groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a interpellé par écrit le gouvernement angolais à propos de l’arrestation, en mars 2015, du défenseur des droits de l’homme José Marcos Mavungo et de sa condamnation, en septembre de la même année, à six ans de prison pour avoir participé à l'organisation d'une manifestation contre la mauvaise gouvernance et les atteintes aux droits de l'homme commises dans sa province, le Cabinda.

Le gouvernement angolais n’a pas répondu à la sollicitation des Nations unies.

Le 3 décembre 2015, le groupe de travail sur la détention arbitraire a, dans son avis n°47/2015,  considéré que la privation de liberté de ce défenseur des droits de l'homme était arbitraire et contraire au droit international. Le groupe de travail a appelé les autorités angolaises à libérer immédiatement José Marcos Mavungo et à lui accorder des réparations pour le préjudice subi.

Plus de trois mois ont passé depuis lors et les autorités angolaises gardent le silence sur ce dossier qu’elles considèrent ne révéler que de sa politique intérieure.

« L’Angola est prêt à s’investir pour la stabilité et la paix dans le monde, par contre, elle n’accepte en aucun cas les recommandations de la communauté internationale lorsqu’elle bafoue sur son territoire ses obligations internationales » indique Clément Boursin, responsable Afrique à l’ACAT.

L’Angola doit respecter l’avis des Nations unies et libérer José Marcos Mavungo

José Marcos Mavungo, ancien membre de l’organisation de défense des droits de l’homme Mpalabanda – arbitrairement interdite par les autorités en 2006 – a été arrêté le 14 mars 2015. Il devait ce jour-là manifester pacifiquement contre les violations des droits de l’homme et contre le manque de transparence dans la gestion des fonds publics de la province. La manifestation a été interdite par le gouverneur qui considérait que cette manifestation représentait « un manque de respect et de considération envers la population et les institutions gouvernementales ». José Marcos Mavungo a été inculpé de « sédition».

Le 19 mars 2015, le tribunal a estimé que cette charge était infondée. Au lieu de libérer le défenseur des droits de l’homme, le tribunal a demandé un complément d’enquête et a maintenu José Marcos Mavungo en détention provisoire. Le 27 mai 2015, il a été inculpé de « rébellion », ce qu’il n’a appris que le 22 juin. Son procès a eu lieu en août 2015. Le 14 septembre, les magistrats, malgré le manque de preuves, l’ont condamné à six ans de prison. Le jour de sa condamnation, l’Union européenne a indiqué que le procès n'avait pas réuni toutes les garanties suffisantes de transparence.  

José Marcos Mavungo est un prisonnier d’opinion, condamné à l’issu d’une véritable parodie de justice, comme il est courant en Angola.

José Marcos Mavungo doit être libéré immédiatement et sans conditions, comme l’a demandé le groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire début décembre 2015. Toutes les charges retenues contre lui doivent être abandonnées.

Contact presse :

Pierre Motin, 01 40 40 40 24 / 06 12 12 63 94 pierre.motin@acatfrance.fr

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