Cookie Consent par FreePrivacyPolicy.com
Angola
Communiqué

Deux ans du massacre de Monte Sumé, cas d’école de la violence d’Etat et de l’impunité en Angola

Le 16 avril 2015 avait lieu le massacre de membres de l’église « Luz do Mundo » à São Pedro Sumé. Aucune enquête n’a été menée par les autorités angolaises, qui nient l’existence de ce massacre.
montesume
Le 18 / 04 / 2017

Le 16 avril 2015 avait lieu le massacre de membres de l’église « Luz do Mundo » à São Pedro Sumé. Aucune enquête n’a été menée par les autorités angolaises, qui nient l’existence de ce massacre. L’ACAT appelle l’ensemble des partenaires et bailleurs de fonds de l’Angola, dont l’Union européenne et ses Etats membres, à faire pression sur les autorités angolaises afin que celles-ci demandent une enquête de l’ONU sur ces événements.

Selon Clément Boursin, responsable Afrique à l’ACAT, « le massacre de Monte Sumé montre qu’en Angola les forces de sécurité peuvent tuer, en toute impunité, des centaines de civils en quelques jours sans que cela ne crée de remous. Les autorités angolaises et la communauté internationale ont affiché un désintérêt manifeste pour ces événements extrêmement graves ».

Le 16 avril 2015, munis d’un mandat d’arrêt, un groupe de policiers angolais se rend au campement de l’Eglise évangélique « Luz do Mundo » et essaye d’arrêter son leader José Julino Kalupeteka, qui prêche dans une zone montagneuse reculée au centre de l’Angola, située dans la province de Huambo. La situation dégénère et plusieurs policiers sont tués.

S’ensuit une répression sanglante durant plusieurs jours. Une véritable chasse à l’homme est menée sur le terrain, sans témoins car la montagne est rendue inaccessible par les forces de l’ordre. Le 18 avril, M. Kalupeteka se rend à la police, puis est torturé. Les autorités angolaises annoncent un bilan de vingt-deux morts, dont neuf policiers. Plusieurs associations locales indiquent que le véritable bilan serait beaucoup plus lourd : près de 700 morts. L’accès au site a été interdit pendant plusieurs jours à toute personne extérieure.

Les autorités angolaises ont refusé l’aide du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme qui était prête à venir enquêter. Les Etats partenaires de l’Angola sont restés muets. Par conséquent, une seule procédure judiciaire a été ouverte dans cette affaire : José Julino Kalupeteka et dix de ses fidèles ont été poursuivis pour « homicide aggravé » des neufs policiers qui avaient tenté de procéder à son arrestation. Après une parodie de procès, ils ont été lourdement condamnés. Aujourd’hui encore des survivants de São Pedro Sumé se cachent par peur de représailles. D’autres ont fui le pays et trouvé asile à l’étranger.

Un autre massacre a semble-t-il été perpétré en août 2016 dans un village de la province de Kassongue, située dans le centre de l'Angola. Environ une quarantaine de membres de l’église y vivaient au moment de l'attaque. Très peu de personnes auraient survécu. Comme lors du massacre de Monté Sumé, l'armée et la police ont bouclé la zone autour du village après leur opération.

Contact presse :

Pierre Motin, 01 40 40 40 24 / 06 12 12 63 94 pierre.motin@acatfrance.fr  

Articles associés

Rapport
actu-rt-1160x600
AngolaCongoFranceMexiqueMauritaniePhilippinesÉtats-UnisVietnam

12 éclairages pays pour comprendre le recours à la torture

Le 01 / 09 / 2021
Le 26 juin 2021, à l’occasion de la Journée internationale des Nations unies pour le soutien aux victimes de la torture, l’ACAT-France a publié la 6ème édition de son rapport Un monde tortionnaire. Douze États font l’objet d’un éclairage sur les pratiques tortionnaires et sur ce que leur acceptation, leur légitimation et leur banalisation disent des sociétés.
Appel urgent
Angola Cafunfo
Angola

Répression d’une manifestation à Cafunfo : au moins 10 morts

Le 04 / 03 / 2021
Le 30 janvier 2021, des incidents graves ont eu lieu à Cafunfo, village minier de la commune de Cuango dans le Lunda Norte. Selon les premiers témoignages, informations et vidéos récoltés par la société civile, des éléments des forces de défense et de sécurité angolaises auraient tiré à balles réelles sur des manifestants non armés et tué plusieurs d’entre eux. Particulièrement marquante, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre plusieurs civils ensanglantés au sol. Certains bougent, d’autres non. Un policier angolais donne alors des coups de pied et marche sur la tête d’une victime grièvement blessée.
Actualité
AM 2020-04 MonteSume COVER
Angola

Je demande justice pour les victimes de Monté Sumé

Le 23 / 03 / 2020
En avril 2015, la Police d’intervention rapide débarque au campement de l’église évangélique du pasteur José Julino Kalupeteka, accusé de pratiques sectaires. Son interpellation tourne au massacre de fidèles. Cinq ans plus tard, les forces de l’ordre impliquées dans ces graves violations des droits humains n’ont toujours pas été jugées.