Tunisie
Bonne nouvelle

Zyed Younes enfin libre !

Après plus d’un an de détention, Zyed Younes a enfin été libéré le 19 janvier. Le tribunal de première instance de Tunis a ainsi estimé que l’accusation portée à son encontre ne justifiait pas son maintien en détention.
Zyed younes3
Le 20 / 01 / 2016

Après plus d’un an de détention, Zyed Younes a enfin été libéré le 19 janvier. Le tribunal de première instance de Tunis a ainsi estimé que l’accusation portée à son encontre ne justifiait pas son maintien en détention. Son avocate, Me Ines Harrath, espère que cette décision positive est le prélude d’un acquittement. Le tribunal doit rendre sa décision courant avril.

Zyed Younes, étudiant de 26 ans, est accusé d’avoir utilisé un pseudonyme lors d’une conversation Skype. Cela lui a valu d’être arrêté et torturé en septembre 2014 puis placé en détention provisoire. Il a été inculpé sur la base d’un article de la loi antiterroriste de 2003 disparu de la nouvelle loi adoptée en 2015.

Après une arrestation musclée au domicile de ses parents, le 20 septembre 2014, Zyed Younes a été conduit à Kasserine où ses codétenus et lui ont été détenus pendant quelques heures. Là-bas, Zyed Younes a été torturé dans la même pièce qu’un de ses camarades. Tous deux ont notamment été dénudés, mis dans la position du « poulet rôti » et roués de coups de poing, de pied, de barre de fer et de tuyau.

Puis le jeune homme a été conduit à Tunis, parqué dans une voiture avec de nombreux autres détenus, dans une chaleur insupportable au point qu’il a vomi. Il a ensuite passé la nuit dans des conditions inhumaines au centre de garde à vue de Bouchoucha.

Selon le récit qu’il a fait à son avocate, le lendemain, il a été emmené au sein des locaux de la brigade antiterroriste de Gorjani et a de nouveau été torturé pendant tout le reste de sa garde à vue. Tabassé à plusieurs reprises, avec ses codétenus, dans une geôle surpeuplée, privé de sommeil et de nourriture, électrocuté, il a fini par être conduit à l’hôpital le cinquième jour de sa détention, après avoir signé des aveux sous la contrainte. Puis il a été présenté devant le juge d’instruction le lendemain, avec ses 22 codétenus.

Sur l’insistance des avocats, le juge d’instruction a accepté de consigner les traces et les allégations de torture de Zyed Younes dans le procès-verbal, mais a refusé d’ordonner une expertise médicale et a décidé son placement en détention provisoire. La plainte pour torture en est toujours au point mort.

Pour en savoir plus sur la torture en Tunisie

Articles associés

Communiqué
Zaki-Hannache
AlgérieTunisie

Contre l'extradition de Zakaria Hannache vers l'Algérie

Le 14 / 03 / 2023
L'ACAT-France et 16 autres organisations de défense des droits humains contestent l'extradition de Zakaria Hannache vers l'Algérie depuis la Tunisie, où il est actuellement réfugié. En Algérie, Zakaria Hannache documentait les poursuites engagées à l'encontre des militants du mouvement Hirak. Son expulsion l'expose à des risques de torture.
Communiqué
prison-2
Émirats arabes unisBahreïnAlgérieÉgypteSahara OccidentalIranIrakIsraëlJordanieKoweïtLibanLibyeMarocOmanPalestineQatarArabie SaouditeSyrieTunisieYémen

COVID-19 : Appel à protéger les prisonniers de la Région ANMO

Le 24 / 03 / 2020
À la lumière de la pandémie de COVID-19 − qualifiée « d'urgence de santé publique de portée internationale » par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) − nous, les organisations soussignées, exprimons notre vive inquiétude quant à la situation des détenu·e·s et des prisonnier.e.s dans la région de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient (ANMO). Si certains États de la région ont pris des mesures positives pour protéger la population dans son ensemble, la population carcérale reste particulièrement exposée à la propagation du virus.
Actualité
tunisie_rached_jaidane_mer_1
Tunisie

Rached Jaïdane attend toujours que justice soit faite

Le 23 / 05 / 2019
Après quatre audiences devant la Chambre criminelle spécialisée de Tunis, Rached Jaïdane doit attendre 6 mois pour la reprise de son procès. Mais les menaces qui pèsent sur le processus de justice transitionnelle se font plus menaçantes.