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Bonne nouvelle

Plus de peine de mort dans le Catéchisme catholique

L’Eglise catholique vient de modifier l’article 2267 de son Catéchisme, qui, désormais, rejette totalement la peine capitale. Une nouvelle réjouissante pour l’ACAT, qui lutte depuis des décennies contre cette pratique et entretient un réseau de correspondance avec des centaines de condamnés à mort.
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Le 02 / 08 / 2018

L’Eglise catholique a modifi l’article 2267 de son Catéchisme, qui, désormais, rejette totalement la peine capitale. Une nouvelle réjouissante pour l’ACAT, qui lutte depuis des décennies  contre cette pratique et entretient un réseau de correspondance avec des centaines de condamnés à mort ( voir témoignages de condamnés ci-dessous).

«La suppression de la vie d’un criminel, comme punition d’un délit, est inadmissible parce qu’elle attente à la dignité de la personne, laquelle n’est pas perdue même après des crimes très graves» : telle est, désormais, la position du Catéchisme de l’Eglise catholique sur la peine de mort. Jusqu’ici  le Catéchisme permettait  le recours à la peine de mort, « si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains » (§2267). Une position contre laquelle s’élevait l’ACAT, pour qui la peine de mort est à l’opposé de ce qu’elle considère être au cœur de l’Evangile : l’amour, la miséricorde, l’absolue respect de la dignité.

« Après des décennies de prises de position et d’interventions personnelles des différents papes, le Catéchisme reconnait ainsi le caractère inadmissible de la peine de mort pour quelque crime que ce soit, parce qu’elle constitue une atteinte à la dignité humaine », analyse Bernadette Forhan, présidente de l’ACAT.  « Ce texte insiste sur la reconnaissance de la dignité humaine en toutes circonstances. Mais il comporte un autre élément remarquable : la rédaction de cet article mentionne l’engagement dans le dialogue pour faire progresser l’abolition partout. Il  nous incite à poursuivre inlassablement notre travail d’éducation. »

Depuis décennies, l’ACAT combat la peine de mort par  le plaidoyer, l’assistance juridique, la sensibilisation (voir les12 raisons d’être contre la peine de mort et l’interview du DG de l’ACAT sur  Europe 1), mais aussi par l’organisation d’un réseau de correspondants avec les condamnés à mort. Aujourd’hui, près de  300 militants correspondent avec des condamnés qui attendent dans les couloirs de la mort, dans des conditions terrifiantes.

En soutien avec ces condamnés, l’ACAT publie ici quelques témoignages reçus de correspondants condamnés à mort aux  Etats-Unis (à publier librement). D’autres témoignages figureront dans le prochain numéro de notre magazine Humains que nous pouvons vous envoyer sur demande.

« Beaucoup d'entre nous ne s'autorisent pas à faire des projets à plus de 120 jours car c'est le délai que les juges nous donnent avant l'exécution » (...) Vivre ainsi nous affecte tous. De plus, on nous sert moins de nourriture (… ) Certains jeunes prisonniers ont vu leurs cheveux blanchir, plusieurs ont connu des crises d’angoisse. (...) J’ai vu ici plusieurs hommes embrasser les ténèbres récemment, et c’est triste de les voir s’y enfoncer plus profondément de jour en jour. Merci à tous pour vos prières, votre amitié, vos encouragements, pensées (…) Vous nous apportez de la force et de l’espoir dans les heures où s’effondrent notre force et notre espoir. Bien que séparés par un océan, (…)  nos cœurs sont connectés à travers notre prière commune pour la paix. »

William Emmet Lecroy, détenu depuis 2001, correspondant du groupe de militants d’ACAT d’Epernay/Reims.

« Chaque jour j’essaye de faire de mon mieux pour ne pas m’effondrer (…) . Imaginez-moi comme un homme adulte assis derrière les barreaux près de 24h/24 avec rien que du désespoir pour m'accompagner. (…) J’aimerais vous remercier de continuer à m’écrire et de me garder dans vos prières. (…) La pensée d'être exécuté est terrifiante. (…) Certains jours, je me sens si faible et incertain de la vie que je suis sur le point de jeter l'éponge et d'abandonner le combat. »

LENARD PHILMORE, détenu en Floride, correspondant de  Lucienne, adhérente de la région parisienne.

NOTES : 

Le numéro de notre revue Humains de septembre - octobre sera consacré aux conditions dans les couloirs de la mort avec de multiples témoignages, à l’occasion de la journée internationale contre la peine de mort. Pour vous abonner, rendez-vous ici 

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