Cookie Consent par FreePrivacyPolicy.com
Chine
Bonne nouvelle

Chen Qiushi enfin libre : après plus d’un an sans nouvelles, le journaliste-citoyen aurait retrouvé ses parents en septembre dernier

Cela faisait plus d’un an que Chen Qiushi était porté disparu. Le 6 février 2020, après avoir informé pendant plusieurs semaines via les réseaux sociaux la Chine et le reste du monde sur ce qu’il se passait à Wuhan, épicentre de l’épidémie du Covid-19, il n’avait plus reparu. Aujourd’hui, un de ses proches amis révèle la bonne nouvelle : vivant et en bonne santé, il serait placé sous résidence surveillée dans la ville de Qingdao, au domicile de ses parents. L’ACAT-France, qui s’est ardemment mobilisée pour sa libération, se réjouit malgré la vigilance à laquelle appellent les déclarations prudentes de son camarade.
chen qiushi
Capture d'écran d'une vidéo de Chen Qiushi en février 2020
Le 07 / 04 / 2021

Des déclarations extrêmement prudentes sur Chen Qiushi

Chen Qiushi est libre. C’est par une nouvelle vidéo mise en ligne par son ami Xu Xiadong, très connu dans le monde des arts martiaux et pour son engagement pour la démocratie, que la bonne nouvelle a été rendue publique. Chen a bien été libéré par les autorités chinoises et se trouve auprès de sa famille à Qingdao, où ils résident. Grâce aux vidéos qu’il a visionnées, Xiadong affirme qu’il est aujourd’hui en bonne santé, regrettant toutefois de ne pas pouvoir en dire plus. En effet, celui-ci est très prudent sur les informations qu’il est en mesure de partager : il doit lire un texte rédigé au préalable, afin d’éviter de mettre en danger Chen ou son entourage.

Le silence sous peine de poursuites

Car bien que libéré, Chen demeure en liberté surveillée et n’est pas autorisé à s’exprimer publiquement ni à entrer en contact avec d’autres personnes que sa famille proche. Il est autorisé à sortir de chez ses parents mais doit rester aux alentours. Il n’a pas pour le moment pas fait l’objet de poursuites, contrairement à d’autres citoyens chinois qui comme lui avaient fait le choix de révéler la gravité de la situation dans la ville de Wuhan début 2020, en dépit de la volonté des autorités chinoises. Le respect du silence sur les conditions de sa détention, tout comme sur ce qu’il a vu à Wuhan, pourrait bien être la condition posée au journaliste pour échapper à la prison.

Dans la vidéo, Xu Xiadong apporte des informations sur le parcours de Chen depuis son arrestation  à Wuhan le 6 février. Il est d’abord transféré à Tianjin où une enquête est ouverte contre lui. Il y aurait subi des mauvais traitements.  Dès septembre 2020, il est transféré à Qingdao, où vivent ses parents. C’est là qu’il est placé sous résidence surveillée, une mesure qui devrait s’appliquer jusqu’à l’automne, le laissant sous la crainte de poursuites s’il devait prendre la parole ou diffuser des informations que le pouvoir chinois ne souhaite pas voir dévoilées. Toujours selon son ami, grâce aux soins prodigués par ses parents, sa santé s’est aujourd’hui améliorée.

Le lourd tribut des défenseurs des droits humains et lanceurs d’alerte en Chine

Lors de la dernière session du conseil des droits de l’Homme qui s’est tenu à Genève en mars dernier, la Haut-commissaire Michèle Bachelet, rappelait au sujet de la situation en Chine : « (…) Les droits fondamentaux et les libertés civiques continuent d'être restreints au nom de la sécurité nationale et de la réponse au COVID-19. Les militants, avocats et défenseurs des droits humains - ainsi que certains ressortissants étrangers - font face à des accusations criminelles arbitraires, à la détention ou à des procès inéquitables »

À l’instar de Chen Qiushi, d’autres citoyens chinois ont cherché à documenter ce qu’il se produisait à Wuhan, malgré les risques encourus. Fang Bin, Li Zehua et Zhang Zhan ont eu à subir la répression des autorités chinoises pour avoir simplement voulu informer les citoyens sur la réalité de la tragédie qui s’y jouait. Tous ont été arrêtés à Wuhan et transférés à des centaines de kilomètres. Mais leur sort, soumis à l’arbitraire des autorités, diffère.

Li Zehua, journaliste-citoyen qui démissionna pour aller couvrir les évènements de Wuhan, dont la disparition de Chen Qiushi, fut lui aussi arrêté et maintenu au secret durant deux mois. C’est par une vidéo postée sur ses réseaux sociaux que Li réapparait à la fin du mois d’avril 2020, affirmant avoir été bien traité et être libre de ses mouvements. Beaucoup ont douté de la sincérité de ces déclarations.

Zhang  Zhan, arrêtée à Wuhan, est immédiatement transférée à Shangai. Elle est condamnée en décembre 2020 à quatre ans de prison. Son procès est organisé entre noël et le nouvel an, pour éviter d’attirer l’attention. Elle y apparait sur une chaise roulante, extrêmement affaiblie.

Quant à Fang Bin, il reste disparu à ce jour. Lui seul était originaire de Wuhan. L’ACAT, toujours mobilisée pour obtenir sa libération, continue de plaider auprès des autorités et de lancer des appels à mobilisation.   

Articles associés

Appel à mobilisation
Ding Jiaxi
Chine

3 ans de détention arbitraire, 1 procès au secret, et... rien

Le 28 / 11 / 2022
Ding Jiaxi, ancien avocat spécialisé dans la défense des droits humains et membre actif du Mouvement des nouveaux citoyens, un réseau informel de militants cherchant à promouvoir la transparence des affaires publiques et à dénoncer la corruption, est détenu arbitrairement depuis trois ans. Après plusieurs reports de son procès, il a finalement été jugé le 24 juin 2022, au secret, pour « subversion du pouvoir de l’État ». Depuis, le verdict reste inconnu.
Appel à mobilisation
Zhang-Zhan_Thumbnail
Chine

L’état de santé de Zhang Zhan est toujours inquiétant

Le 02 / 11 / 2022
Zhang Zhan est une journaliste indépendante, avocate et défenseuse des droits humains, détenue arbitrairement depuis mai 2020, pour le seul fait d’avoir exercé sa liberté d’expression en informant ses concitoyens de la réalité de la situation à Wuhan, lors du pic de la pandémie de Covid-19. D’abord portée disparue, elle a été officiellement inculpée en septembre 2020 et condamnée quelques mois plus tard à une peine de quatre ans de détention. Il y a un an, l’ACAT-France se mobilisait pour obtenir sa libération immédiate, d’autant que sa vie était en danger en raison de ses conditions de détention. Aujourd’hui, son état de santé reste inquiétant. Ne l’oublions pas.
Article
ThisIsXinjiang_Thumbnail
Chine

Ouïghours : l’effacement institutionnalisé d’une identité

Le 31 / 10 / 2022
Installés dans la région du Xinjiang, les Ouïghours sont l'une 56 ethnies officiellement reconnues par la République populaire de Chine. Pourtant, malgré cette officialisation, ils font l’objet de répressions de la part des autorités, fondées sur cette seule appartenance ethnique. Des crimes contre l’humanité, continuellement niés par les autorités chinoises.