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Rwanda
Appel à mobilisation

Arrestations arbitraires d’opposants politiques

Le 13 octobre 2021, la veille d’une journée de mobilisation du parti Dalfa Umurinzi devant discuter de la répression politique au Rwanda – événement surnommé « Ingabire day » – un journaliste qui avait prévu d’interviewer Victoire Ingabire – la présidente de Dafa Umurinzi – et cinq membres de ce parti ont été arrêtés arbitrairement. Trois autres membres ont été arrêtés les jours suivants.
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Le 09 / 12 / 2021

Le 13 octobre 2021, la veille d’une journée de mobilisation du parti Dalfa Umurinzi devant discuter de la répression politique au Rwanda – événement surnommé « Ingabire day » – un journaliste qui avait prévu d’interviewer Victoire Ingabire – la présidente de Dafa Umurinzi – et cinq membres de ce parti ont été arrêtés arbitrairement. Trois autres membres ont été arrêtés les jours suivants.

Le journaliste d’Umubavu TV, Théoneste Nsengimana, et les sept membres de Dalfa Umurinzi, Sylvain Sibomana, Alexis Rucubanganya, Hamad Hagengimana, Jean-Claude Ndayishimiye, Alphonse Mutabazi, Marcel Nahimana, Emmanuel Masengesho, sont détenus au sein de la prison de Nyarugenge pour avoir suivi une formation sur la non-violence active autour du livre  Comment faire tomber un dictateur quand on est seul, tout petit et sans armes  de Srdja Popovic. Joyeuse Uwatuje a bénéficié d’une liberté provisoire.

Leur détention provisoire de 30 jours a été prononcée le 9 novembre 2021 par le juge de détention du tribunal de base de Kagarama sur la base de deux chef d'inculpation : ils sont accusés de former ou d’adhérer à une association de malfaiteurs, et de répandre des informations fausses ou des propagandes nuisibles avec l’intention de provoquer une opinion internationale hostile à l’État rwandais.

Dans le prononcé, la formation sur la non-violence active qu’ils étaient en train de suivre est associée à une formation d’association de malfaiteur.

De telles accusations sont passibles, selon le droit rwandais, de 7 à 10 ans de prison pour « formation ou adhésion dans une association de malfaiteurs » (article 224 de la Loi n° 68/2018 du 30 août 2018 déterminant les infractions et les peines en général) et pour « diffusion de fausses informations ou propagandes » (article 194).

Le parti politique Dalfa Umurinzi (« Développement et Liberté pour tous ») a été créé par l'opposante Victoire Ingabire, en novembre  2019, un an après sa libération par grâce présidentielle. Comme son ancien parti des Forces Démocratiques Unifiées Inkingi (FDU) – fondée lorsqu'elle était en exil en 2006 – Dalfa Umurinzi milite, selon elle, « pour une ouverture de l’espace politique au Rwanda ». Depuis deux ans, ce parti tente, sans succès, d'obtenir l'agrément des autorités rwandaises pour mener ses activités politiques dans le pays.

Au Rwanda, les autorités en place utilisent le droit pour réprimer l’opposition et la société civile et limiter ainsi leur liberté d’expression. Face à ces dérives, nos autorités restent silencieuses. Une telle situation n’est pas acceptable.

Mobilisons-nous pour demander à nos autorités européennes de ne pas rester silencieuses face aux dérives répressives au Rwanda :

  • Téléchargez la lettre, personnalisez-la avec vos coordonnées et adressez-la à la Délégation de l'Union européenne au Rwanda par voie électronique ou par voie postale.
  • Tweetez notamment le compte @EUinRW et  postez sur Facebook, faites-le savoir autour de vous !

Contexte

Croissance et diversification économique, respect et préservation de l’environnement, place des femmes dans la société, programmes innovants dans les secteurs de la santé et de l’éducation… En moins de 30 ans, le Rwanda est parvenu à donner l’image d’un pays moderne, salué dans le monde entier et surtout en Afrique, où il est perçu comme un modèle de développement, de stabilité politique et sécuritaire.

Ce que l’on sait moins dans l’opinion public international, c’est que la situation des droits humains est déplorable dans le pays. Les autorités rwandaises limitent drastiquement les libertés d’expression, d’association, de la presse et n’hésitent pas à réprimer toute voix dissidente, particulièrement en périodes électorales, durant lesquelles le régime est particulièrement soucieux de contrôler ses adversaires politiques. Les opposants – dont les partis sont parfois non reconnus par les autorités –sont intimidés, menacés ou font l’objet d’arrestations arbitraires et/ou de poursuites judiciaires iniques.

Les autorités en place n’hésitent pas à recourir aux disparitions forcées, phénomène courant au Rwanda. Pour ceux qui choisissent l’exil, le fait d’être à l’étranger n’est pas une protection en soi. Au Kenya, en Ouganda, ou au Mozambique, des dizaines d’assassinats d’opposants ont été recensés. D’autres ont été enlevés et sont réapparus devant la justice rwandaise. Certains ne sont jamais réapparus et ont été mis dans la case des disparus forcés.

Les défenseurs des droits humains et les journalistes sont les autres acteurs de la société civile qui ont fini par payer le prix de leur engagement en faveur de la démocratie. Par peur, ceux qui vivent au Rwanda critiquent rarement le régime. Depuis 2013 et la prise de contrôle des instances de la Ligue rwandaise pour la promotion et la défense des droits de l’homme (LIPRODHOR) par des proches du régime, il n’y a plus d’association de défense des droits humains véritablement indépendante au Rwanda. Les médias indépendants qui se permettaient de sortir des lignes politiques officielles n’existent plus. Certains qui osaient encore faire retentir une voix dissidente ont été assassinés ou portés disparus. Les autres ont fui le pays. Depuis lors des YouTubeurs au Rwanda essayent d’informer via cette plate-forme mais depuis 2021, plusieurs d’entre eux ont été arrêtés et font l’objet de poursuites judiciaires dans le but de les faire taire.

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