Mexique
Appel du mois

J’agis pour que le père Marcelo Pérez soit protégé

Le père Marcelo Pérez est un défenseur des droits des peuples autochtones du Chiapas au Mexique. Il se pose en médiateur pour résoudre les conflits liés aux fléaux (corruption, trafics…) qui lèsent les plus fragiles. Très écouté et fédérateur, il est devenu gênant et est menacé de mort.
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Le prêtre défenseur qui dérange

Du peuple Maya Tsotsil, le père Marcelo Pérez est un prêtre engagé en faveur des droits humains au Chiapas. Non-violent et attaché à l’œcuménisme, il essaye d’établir un dialogue de paix et de réconciliation dans un Etat rongé par les mégaprojets de développement (barrages, mines, autoroutes), la corruption, les trafics (drogue, armes, prostitution), la violence d’État et des groupes armés illégaux. À plusieurs reprises, il a mobilisé des milliers de manifestants contre la criminalité ou pour le droit à un environnement sain.

Très écouté, fédérateur, le père Marcelo est devenu très gênant pour certains. Il est aujourd’hui l’une des personnes les plus menacées du Mexique. Il reçoit très régulièrement des menaces de mort. Il est souvent suivi dans ses déplacements. Son véhicule a même été saboté plusieurs fois. Des campagnes de diffamation sont lancées contre lui dans des médias, sur les réseaux sociaux, par des personnalités politiques, le faisant passer pour corrompu et à la solde de groupes criminels. Depuis 2015, la Commission interaméricaine des droits de l’Homme a ordonné à l’État mexicain de prendre des mesures pour sa protection. Cependant, les dispositions prises jusqu’à ce jour sont très insuffisantes et font douter d’une réelle volonté politique de le protéger. Par exemple, les attaques à l’encontre du prêtre ne font toujours pas l’objet d’enquêtes sérieuses et de poursuites.

Une aggravation de la violence

Le Chiapas compte un grand nombre d’acteurs armés : militaires et paramilitaires depuis la seconde moitié des années 1990, puis plus récemment, des bandes liées à la criminalité organisée. Ainsi, la violence ne cesse d’augmenter et elle touche d’abord les communautés autochtones (28,2 % de la population) en butte aux manœuvres pour contrôler leurs territoires. La situation s’est encore aggravée en juin 2021 avec la tenue d’élections locales. Les notables locaux habituels ont cherché à se maintenir au pouvoir par tous les moyens. Un défenseur, proche du père Marcelo, Simón Pedro Pérez López, a été assassiné après avoir dénoncé ces pratiques. Actuellement, le Chiapas est le deuxième État (sur 32) du Mexique le plus dangereux pour les défenseurs des droits humains.

L’ACAT-France demande à ce que le père Marcelo soit protégé et que les attaques dont il est la cible fassent l’objet d’enquêtes et de poursuites.

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  • Justice et impunité