Maldives
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Le retour de la peine de mort

Dans ce paradis pour touristes, des enfants peuvent être condamnés à mort à partir de 7 ans. Depuis le 27 avril 2014, le gouvernement des Maldives, cet archipel au sud de l'Inde, a adopté un nouveau règlement concernant l’application de la peine de mort.
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Fin d’un moratoire de 60 ans

Depuis le 27 avril 2014, le gouvernement des Maldives, cet archipel au sud de l'Inde, a adopté un nouveau règlement concernant l’application de la peine de mort. Cette mesure signifie la fin d’un moratoire de 60 ans. Aux Maldives, la dernière exécution a eu lieu en 1954.

Le gouvernement assure qu'il a été contraint de réintroduire la peine capitale après une série d'attaques au couteau et une hausse de la criminalité liée aux rivalités entre gangs. Il a indiqué avoir pris des dispositions matérielles pour que des exécutions par injection létale puissent avoir lieu dans la principale prison du pays.

En réalité, le gouvernement souhaite surtout montrer qu’il renoue avec une stricte application de la charia (l'islam est religion d’État). C’est pour le prouver que le président Abdulla Yameen Abdul Gayoom a justifié cette décision en insistant sur le fait que « le meurtre doit être puni par le meurtre ». C’est également en vertu de la charia que les relations sexuelles hors mariage sont interdites et sanctionnées par le fouet ou la lapidation, même en cas de viol.

En 2012, les tribunaux ont prononcé 72 sentences de flagellation (45 condamnés étaient des femmes). Donner naissance à des enfants adultérins et la fornication sont les principales infractions justifiant de telles sentences.

7 ans : assez grand pour être condamné à mort…

Un adolescent de 16 ans est devenu le premier mineur susceptible d'encourir la peine de mort depuis le rétablissement de la peine capitale dans l'archipel. Il est accusé d'avoir poignardé à mort un homme de 21 ans. La rixe, liée au trafic de drogue, a eu lieu en décembre 2013 à Male, la capitale du pays.

L'âge de la responsabilité pénale aux Maldives est fixé à 10 ans. Des enfants pourront ainsi être condamnés à mort au même titre que les adultes.

Pire encore, pour certaines infractions dites « hadd » telles que la consommation d'alcool, l'apostasie (renoncer à sa religion) ou même la fornication et l’adultère, les enfants sont considérés comme responsables à partir de 7 ans. Il est toutefois prévu que les enfants condamnés à mort ne soient pas exécutés avant leurs 18 ans. Ils attendront jusqu'à leur majorité dans le couloir de la mort.

Les Maldives ont pourtant ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant. Un texte qui, comme d’autres traités internationaux, interdit que des personnes mineures au moment des faits puissent être condamnées à mort ou à la prison à vie sans possibilité de libération.

Il n’est pas encore certain que l’adolescent soit condamné à mort, même si la loi des Maldives prévoit que les mineurs accusés de meurtre ne peuvent bénéficier de la « clémence » de la justice prévue pour des mineurs accusés d’infractions moins graves. En 2012, les tribunaux pour mineurs ont condamné 12 jeunes à être fouettés.

Un pouvoir islamiste radical

En 2003 et 2004, de violentes manifestations éclatent contre le président Gayoom au pouvoir depuis 1978 ; elles sont réprimées. En 2008, Mohamed Nasheed, le principal opposant, est élu président, mais face à la corruption, au conservatisme social et religieux et aux difficultés économiques, sa popularité s’érode vite. L’opposition l’accuse de négliger l’islam. Il est contraint à la démission en février 2012. En novembre 2012, les élections présidentielles portent au pouvoir Abdulla Yameen, demi-frère de l’ancien président Gayoom. Il est partisan de l’application rigoureuse de la loi islamique.

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