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Angola
Actualité

Un défenseur condamné injustement à 6 ans de prison !

José Marcos Mavungo a participé à l’organisation d’une manifestation contre la mauvaise gouvernance. Pour cela, il a été arrêté et condamné à six ans de prison
José Marcos Mavungo
Le 09 / 10 / 2015

 

José Marcos Mavungo est défenseur des droits de l’homme. Il vit dans la province du Cabinda, un territoire angolais en proie à un conflit de basse intensité où les autorités font taire toute voix dissidente au régime en place à Luanda. José Marcos Mavungo a eu le malheur de participer à l’organisation d’une manifestation pacifique contre la mauvaise gouvernance. Pour cela, il a été arrêté et condamné à six ans de prison à l’issue d’une parodie de justice.

José Marcos Mavungo, ancien membre de l’organisation de défense des droits de l’homme Mpalabanda – arbitrairement interdite par les autorités en 2006 – a été arrêté le 14 mars 2015. Il devait ce jour-là manifester pacifiquement contre les violations des droits de l’homme et contre le manque de transparence dans la gestion des fonds publics de la province. La manifestation a été interdite par le gouverneur qui considérait que cette manifestation représentait « un manque de respect et de considération envers la population et les institutions gouvernementales ». José Marcos Mavungo a été inculpé de « sédition».

 

Le 19 mars 2015, le tribunal a estimé que cette charge était infondée. Au lieu de libérer le défenseur des droits de l’homme, le tribunal a demandé un complément d’enquête et a maintenu José Marcos Mavungo en détention provisoire. Le 27 mai 2015, il a été inculpé de « rébellion », ce qu’il n’a appris que le 22 juin. Son procès a eu lieu en août 2015. Le 14 septembre, les magistrats, malgré le manque de preuves, l’ont condamné à six ans de prison. Le jour de sa condamnation, l’Union européenne a indiqué que le procès n'avait pas réuni toutes les garanties suffisantes de transparence.  

José Marcos Mavungo est un prisonnier d’opinion, condamné à l’issu d’une véritable parodie de justice, comme il est courant en Angola. Il doit être libéré immédiatement et sans conditions. Toutes les charges retenues contre lui doivent être abandonnées. Aidez-nous à obtenir sa libération. Agissez avec l’ACAT !

 

Contexte

 

Un conflit de basse intensité

L'enclave de Cabinda, riche en pétrole, est le théâtre de troubles séparatistes depuis son annexion par l'Angola en 1975, après l'indépendance de cette ancienne colonie portugaise. Un accord de paix a pourtant été signé en 2006 entre les autorités angolaises et Antonio Bento Bembe, le dirigeant d'une des branches du Front pour la libération de l'enclave de Cabinda (FLEC). Mais cet accord a vite été dénoncé par d'autres factions du mouvement indépendantiste, par des membres de la société civile et des membres du clergé. Depuis lors, la province du Cabinda reste en proie à un conflit de basse intensité entre l’armée angolaise et les indépendantistes qui continuent de mener des actions de guérilla sporadiques contre l'armée angolaise. Dans ce contexte, le gouvernement angolais maintient une présence militaire forte dans l'enclave, d’autant plus que ce territoire stratégique produit 60 % du pétrole de l'Angola. La majeure partie des 400 000 habitants vit dans la pauvreté et ne profite pas de l’argent du pétrole.


Restriction du droit à la liberté d'expression, d'association et de réunion

Il n’existe plus aucune association de défense des droits de l’homme en mesure de travailler librement au Cabinda. L’association Mpalabanda Associação-Cívica de Cabinda (association civique du Cabinda) a été interdite le 20 juillet 2006 par le tribunal provincial du Cabinda l'accusant, sans preuves, d'incitation à la violence. Mpalabanda avait été créée le 14 mars 2004. Elle était la seule organisation de défense des droits de l’homme active au Cabinda. Elle enquêtait sur les violations des droits de l’homme commises par toutes les parties au conflit. En août 2006, les représentants de Mpalabanda ont interjeté appel devant la Cour suprême à Luanda. Jusqu’à ce jour, les autorités judiciaires n'ont pas donné suite à cet appel. En novembre 2011, d'anciens membres de Mpalabanda, ainsi que d'autres défenseurs des droits de l’homme et représentants de la société civile, ont signé une pétition demandant à la Cour suprême d'examiner l'appel de Mpalabanda, et la lui ont envoyée. Depuis lors, pratiquement plus aucune information ne sort de la province.

 

Pour de plus amples informations sur l’Angola, voir notre page dédiée à l’Angola sur notre site Internet : http://www.acatfrance.fr/actualites/?pays=AGO

 

Vous pouvez agir en faveur de José Marcos Mavungo en envoyant cette lettre.

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