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Chine
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Sans nouvelles de Wang Quanzhang depuis plus de 1000 jours

L’avocat Wang Quanzhang vit un enfer depuis près de trois ans. Arrêté en juillet 2015 lors d’une vague de répression contre les défenseurs des droits humains, il est détenu sans procès et n’a aucun contact avec l’extérieur. Est-il seulement encore vivant ?
Wang Quanzhang et sa famille
Wang Quanzhang, son épouse Li Wenzu et leur fils © Photo de famille
Le 17 / 04 / 2018

Le 5 avril 2018 a marqué le 1000e jour de la disparition de l’avocat Wang Quanzhang (王全璋). Personne, ni son avocat, ni sa famille, n’a pu le voir ou lui parler depuis son arrestation. Nul ne sait s’il est encore vivant.

En janvier 2016, les autorités ont annoncé qu’il était accusé de « subversion du pouvoir d’État », une charge utilisée de façon récurrente pour criminaliser ceux qui osent dénoncer les violations des droits humains commises par le gouvernement chinois. Les autorités ont affirmé le détenir au centre de détention n°2 à Tianjin, mais aucun document officiel n’a été communiqué à la famille ni à son avocat.

Wang Quanzhang, qui travaillait pour le cabinet d’avocats Fengrui à Pékin, s’était spécialisé dans la défense de cas sensibles en Chine – dissidents politiques, journalistes, victimes de confiscation de terres, adeptes de Falun Gong… Réputé pour sa ténacité et son engagement, Wang Quanzhang avait conscience des risques qu’il encourait. Peu avant son arrestation, il écrivait à ses parents : « La route [que j’ai choisie] est sinueuse et escarpée, et ne sera pas sans épines ».

Il a été arrêté le 10 juillet 2015 à Pékin, dans le cadre d’une campagne de détention massive d’avocats des droits humains orchestrée par les autorités chinoises. Aujourd’hui, il est le dernier avocat de cette vague de répression dont le sort n’est pas fixé. La plupart des avocats ciblés en 2015 ont été libérés sous caution après des mois de détention illégale et restent sous surveillance, tandis que certains ont été condamnés à de lourdes peines de prison.

Depuis son arrestation, son épouse Li Wenzu (李文足) n’a eu de cesse de réclamer de ses nouvelles et se rend sans faillir chaque semaine au bureau des plaintes de la Cour Suprême de Pékin s’enquérir du sort de son mari, sans succès.

 

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Contexte

Derrière les murs de prison, la torture est coutumière

Beaucoup d’avocats et activistes des droits humains ciblés par la vague de répression de 2015 n’ont pu être libérés qu’après avoir plaidé coupable. Ces confessions forcées, obtenues sous la torture, sont parfois télévisées et diffusées sur les médias d’État. Une fois libérés, ceux qui osent rapporter les conditions dans lesquelles ils étaient détenus font état de terribles actes de torture. Les témoignages évoquent entre autres l’application de chocs électriques sur diverses parties du corps, l’ingurgitation forcée de substances médicamenteuses, les privations de sommeil, les ratonnades et les violences verbales et psychologiques.

La communauté des activistes en Chine s’accorde à penser que Wang Quanzhang a dû être exposé aux pires traitements pour avoir refusé de céder et de plaider coupable. Certains craignent que la torture qu’il a subie ait eu des conséquences physiques telles que les autorités soient désormais obligées de le cacher. D’autres redoutent qu’il soit déjà mort.

Harcèlement physique, psychologique et judiciaire des proches

Lorsque les autorités s’en prennent à un défenseur des droits humains, elles ne se contentent pas de l’enfermer et de le punir : elles s’en prennent également à ses proches et ses soutiens. Depuis l’arrestation de Wang Quanzhang, sa famille subit toutes sortes de pressions : éviction de leur appartement, assignation à résidence, surveillance constante de leur domicile par des agents de police, entraves à l’inscription de leur jeune fils à l’école… En avril 2018, Li Wenzu ainsi que d’autres soutiens de l’avocat ont été arrêtés lors d’une marche pacifique et placés plusieurs heures en détention.

L’avocat de Wang Quanzhang, Yu Wensheng (余文生), a quant à lui été arrêté en janvier 2018. Depuis, il est détenu au secret sans contact avec l’extérieur et risque lui aussi d’être soumis à de mauvais traitements et de la torture. Sa femme a également été interrogée par la police et menacée de poursuite en justice pour subversion.

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