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Retour sur le colloque Religion et torture de Marseille

Du 19 au 21 novembre, l'ACAT et l'ICM proposaient deux jours pour penser les liens entre religion et torture, afin de mieux la combattre, ensemble. Deux jours autour de cette question essentielle : Peut-on désarmer la violence dans le cœur de l'homme ? Comment les religions peuvent –elles y contribuer ?
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Crédits : Etienne Laurent
Le 04 / 12 / 2015

Du 19 au 21 novembre, l'ACAT et l'ICM proposaient deux jours pour penser les liens entre religion et torture, afin de mieux la combattre, ensemble. Deux jours  autour de cette question essentielle : Peut-on désarmer la violence  dans le cœur de l'homme? Comment les religions peuvent –elles y contribuer ?

La religion en effet est porteuse d’un message de paix. Pourtant de multiples violences sont perpétrées en son nom. Les intervenants du colloque ont donc, tout à tour, analysé comment les religions prenait part au combat contre la torture, quelles ressources elles pouvaient offrir mais également –sans évincer cette question – comment certaines postures idéologiques, au nom de la foi, pouvaient l’avoir encouragée.

Une des richesses de cette rencontre a été de rassembler largement et au-delà des religions : étaient présents à ce colloque des représentants et fidèles de religions diverses (bouddhisme, islam, christianisme, judaïsme) ayant un regard particulier sur ces questions, mais également des représentants d’organisations non confessionnelles. Une richesse a été, aussi, de ne pas éluder certaines questions difficiles (quel rôle les religions ont - elles pû ou pourraient-elles avoir dans la persistance du fait tortionnaire ?). Autre richesse à signaler, encore : celle de placer le colloque, dès l’origine, non pas (ou pas seulement) dans la perspective d’un débat d’idées, mais bien dans la recherche d’une action commune, concrète, pour lutter contre la torture.

Des engagements possibles au service de l’humain contre l’inhumanité.

Certains ont souligné qu’au-delà de la démarche œcuménique mise en œuvre à l’ACAT, il fallait s’ouvrir à des actions interreligieuses contre la violence, la torture et la peine de mort. Il est important de mettre en œuvre à tous les niveaux des rencontres et dialogues interreligieux. A également été soulignée l’importance d’un groupe national des responsables religieux qui devrait se structurer. Un groupe qui devrait se faire davantage entendre dans l’espace public, à l’image du pape concernant la torture. De nombreuses initiatives interreligieuses locales ont aussi été mentionnées lors des ateliers : il a été souligné qu’elles ne se constituent pas en vue de quelque syncrétisme improbable, mais pour contribuer à construire une société pluraliste prenant en compte à la fois le respect des différences et la visée commune. C’est là que peuvent se déconstruire les peurs, les haines, les violences qui s’enracinent souvent dans l’ignorance de l’autre.

De multiples propositions de formation ont été faites, de sensibilisation, d’édition et de publication en direction des jeunes, des établissements scolaires, des Eglises, de la société pour apprendre à vivre ensemble. Des documents, des argumentaires, des textes liturgiques pour soutenir l’action ont été réclamés. L’importance de répondre à la quête de sens et d’espérance qui travaille notre société et donc la tâche spirituelle des religions afin de l’écouter et de l’accueillir, a été soulignée. Une tâche spirituelle d’autant plus importante que l’on vit dans une société déchristianisée et sécularisée. Il appartient notamment aux religions de redonner confiance à ceux dont la confiance a été brisée par toutes les formes de violence…

Des idées riches, multiples, qui ont montré la multiplicité des engagements possibles au service de l’humain contre l’inhumanité.

Pour en savoir plus sur les leçons tirées de ces deux jours de réflexion et les pistes d’actions :

 

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