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République Dém. du Congo
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Quatre militants de FILIMBI arbitrairement détenus

Messieurs Grâce Tshiuza, Mino Bompomi, Cédric Kalonji, Carbone Beni sont privés de liberté depuis le 30 décembre 2017. Alors que selon le droit congolais, la durée maximale de détention sans comparution est fixée à 48 heures, ces quatre jeunes congolais n’ont toujours pas comparu devant un tribunal ni été informés des charges retenues contre eux.
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Le 28 / 03 / 2018

 

Messieurs Grâce Tshiuza, Mino Bompomi, Cédric Kalonji, Carbone Beni sont privés de liberté depuis le 30 décembre 2017. Ce jour-là, les quatre membres de Filimbi (sifflet en Swahili) – mouvement citoyen pro-démocratie - ont été arrêtés, sans mandat, dans la commune de N’Djili à Kinshasa. Leur crime : avoir appelé la population à participer à une manifestation pacifique pour réclamer des élections.

 

Grâce Tshiuza, Mino Bompomi, Cédric Kalonji, Carbone Beni n’ont, depuis trois mois, pas encore comparu devant un tribunal. Ils ne connaissent pas les charges retenues contre eux. Il se pourrait qu’ils soient accusés « d’outrage au chef de l’Etat et incitation à la révolte ». En RDC, la durée maximale de détention sans comparution est fixée à 48 heures. Leur détention est donc illégale en regard du droit congolais. Ils sont incarcérés dans un centre de détention de l’Agence nationale de renseignements (ANR) appelé « 3 Zulu » qui se situe à proximité de la primature à Kinshasa.

 

Pendant plus de deux mois, ces jeunes militants de Filimbi ont été privés de tout contact avec leurs proches et avocats. Depuis un mois, ils peuvent recevoir la visite de leurs familles et de leurs avocats, mais dépendent du bon vouloir des surveillants, ce qui reste aléatoire.

 

Mobilisons-nous auprès des autorités congolaises pour demander leur libération immédiate et sans conditions !

 

Contexte

 

Depuis janvier 2015, le régime au pouvoir harcèle de manière continue les membres de la société civile et de l’opposition qui se mobilisent en vue du respect de la Constitution. Cette Constitution ne prévoit que deux mandats présidentiels de suite. Le Président Joseph Kabila aurait donc dû achever son second mandat le 19 décembre 2016. Le 11 mai 2016, la Cour constitutionnelle l’a pourtant autorisé à rester en poste en cas de report du scrutin présidentiel. Auparavant, son gouvernement avait tenté en vain de modifier la Constitution ou les règles électorales afin de lui permettre de se maintenir au pouvoir. Face à la mobilisation citoyenne, ces tentatives avaient échoué. Dans la semaine précédant le 19 décembre, de nombreux membres de la société civile ont été arrêtés. Les réseaux sociaux et certaines radios ont été coupés. De nombreux militaires et policiers, lourdement armés, ont été déployés dans les principales villes du pays. Les autorités ont interdit toute manifestation, ce qui n’a pas empêché la population de descendre dans les rues afin de contester le scénario du maintien à vie d’un régime n’ayant comme projet que de se maintenir au pouvoir par la violence. Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles. Au moins 40 manifestants ont été tués à Kinshasa, Lubumbashi, Boma et Matadi. Plus de 100 personnes ont été blessées, 460 autres ont été arrêtées. La justice congolaise n’a jamais enquêté, comme dans les répressions passées. L’impunité est totale. La justice et les forces de l’ordre sont des outils politiques aux mains d’un régime violent et corrompu. Les autorités retardent la tenue du scrutin présidentiel. En novembre 2017, la CENI – institution en charge des élections – a annoncé la tenue des élections présidentielle, législative et provinciale pour le 23 décembre 2018. Il est possible que ces scrutins ne puissent pas se tenir à la date promise du fait de l’insécurité grandissante dans plusieurs provinces du pays ; insécurité provoquée et entretenue par les autorités au pouvoir. Jusqu’à ce jour la communauté internationale demeure impuissante face à ce chaos orchestré par le régime Kabila pour se maintenir au pouvoir.

 

Vous pouvez agir en leur faveur en envoyant cette lettre.

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