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Patrice Nganang, écrivain, porté disparu à Douala

Au lendemain d’une tribune critiquant le Président camerounais Paul Biya et son régime dans la gestion de la crise anglophone au Cameroun, M. Patrice Nganang - écrivain et enseignant à l’Université de Stony Brook (New-York) - a disparu, le mercredi 6 décembre 2017, alors qu’il se trouvait à l’aéroport international de Douala. Les autorités camerounaises doivent indiquer si elles le détiennent et si oui, pour quel motif légal.
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Le 08 / 12 / 2017

 

Au lendemain d’une tribune critiquant le Président camerounais Paul Biya et son régime dans la gestion de la crise anglophone au Cameroun, M. Patrice Nganang - écrivain et enseignant à l’Université de Stony Brook (New-York) - a disparu, le mercredi 6 décembre 2017, alors qu’il se trouvait à l’aéroport international de Douala. Les autorités camerounaises doivent indiquer si elles le détiennent et si oui, pour quel motif légal.

Le 5 décembre 2017, M. Patrice Nganang publiait dans l’hebdomadaire Jeune Afrique une tribune intitulée : « Carnet de route de l’écrivain Patrice Nganang en zone (dite) anglophone »[1]. Cette tribune parachevait un séjour dans le Cameroun anglophone, où l’écrivain - résidant aux Etats-Unis - s’était rendu afin de mieux comprendre la crise politique actuelle.

Dans cette tribune, M. Patrice Nganang critiquait publiquement le régime au pouvoir dans la gestion de la résolution de la crise anglophone. Pour conclure son papier, M. Nganang indiquait : « Seul le changement au sommet de l’Etat peut régler le conflit anglophone au Cameroun ».

Le lendemain de la parution de cette tribune, alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour le vol Kenya Airways Douala-Harare, M. Patrice Nganang - qui avait enregistré ses bagages - ne s’est pas présenté à l’embarquement.

Depuis lors, plus personne n’a de ses nouvelles. La liberté d’expression est un droit et non un privilège, que les autorités camerounaises doivent respecter conformément au droit international.

 

Contexte

 

Un pays à la dérive, géré par un autocrate vieillissant

Depuis le 6 novembre 1982, le Cameroun est présidé par Paul Biya. Âgé de 84 ans, Paul Biya – qui a fait modifier la Constitution en avril 2008 pour lever la limitation du nombre de mandats présidentiels consécutifs – va vraisemblablement se présenter au prochain scrutin présidentiel de novembre 2018 en vue d’un nouveau mandat de sept ans alors que plus de 80% des Camerounais n’ont connu que Paul Biya comme président. Cet autocrate vieillissant – qui vit le plus souvent en Suisse – maintient un régime de façade démocratique dit « démocrature » où le clan des privilégiés vit en grande partie grâce à l’argent de l’État et de la corruption. Les bénéficiaires de ce système font tout pour que Paul Biya reste au pouvoir le plus longtemps possible et le Cameroun s’enfonce jour après jour dans une  crise politique, économique et sociale majeure. De plus en plus de Camerounais remettent silencieusement en cause la gouvernance du régime Biya, notamment la jeunesse qui aspire en majorité à quitter le pays afin de s’épanouir à l’étranger. La détérioration de la situation sécuritaire dans l’Extrême-Nord et dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest est la conséquence directe : d’un désengagement de l’Etat dans le développement de ses régions, de l’abandon des besoins primaires des populations (santé, éducation) et de la répression sanglante et massive dans toute région considérée comme dissidente. Le Cameroun est un volcan prêt à entrer en éruption dans l’attente d’un fait divers qui ferait remonter, comme lors de la révolution en Tunisie, le ras-le-bol généralisé d’une population appauvrie et délaissée laquelle considère de plus en plus le régime Biya comme illégitime et incompétent.

 

Vous pouvez agir en sa faveur en envoyant cette lettre.

 

 


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