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Angola
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Nouvelle répression de jeunes activistes à Luanda et Benguela

Au moins vingt-quatre jeunes activistes pro-démocratie angolais, dont Luaty Beirao (lauréat du Prix Engel du Tertre de la Fondation ACAT 2017), ont fait l’objet de violences policières alors qu’ils manifestaient pacifiquement à Luanda et Benguela, le 24 février 2017. Leur droit légitime à pouvoir manifester est continuellement bafoué par les autorités au pouvoir
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Le 02 / 03 / 2017

 

Au moins vingt-quatre jeunes activistes pro-démocratie angolais ont fait l’objet de violences policières alors qu’ils manifestaient pacifiquement à Luanda et Benguela, le 24 février 2017. Leur droit légitime à pouvoir manifester est continuellement bafoué par les autorités au pouvoir.

Le 24 février 2017, quelques dizaines de jeunes activistes sont descendus dans les rues de Luanda et de Benguela pour appeler à la démission du Ministre de l’Administration du territoire, M. Bornito de Sousa. Dans les deux villes, les forces de police, averties, les ont rapidement empêchés d’exercer leur droit de manifester. Au moins vingt-quatre d’entre eux – onze à Luanda et treize à Benguela – ont fait l’objet de violences dans la rue : coups de bâtons, de pieds, de poings, morsures par des chiens policiers. A Benguela, les manifestants ont été arrêtés et ont fait l’objet de mauvais traitements dans un commissariat de police, puis ont été libérés.

Depuis mars 2011, plus d’une trentaine de demandes de manifestations des jeunes activistes angolais ont été refusées par les autorités, sans la moindre justification réellement fondée. Ce refus systématique de tout rassemblement public s’apparente clairement à une atteinte à leur droit de manifester.

Le 8 février 2017, ils avaient adressé une communication aux autorités afin de les informer de deux rassemblements prévus à Luanda et Benguela appelant à la démission du Ministre de l’Administration du territoire, M. Bornito de Sousa, membre du parti au pouvoir MPLA. Les jeunes activistes considèrent que cette personne - qui est également candidat à la vice-présidence de la République – ne peut plus être Ministre de l’Administration du territoire car ce ministère est en charge d’une partie importante du processus électoral dans le pays, ce qui pose un problème éthique du fait de sa participation au scrutin électoral d’août 2017.

 

Contexte

 

Un droit de manifestation reconnu par la Loi

L’article 47 de la Constitution et la Loi 16/91 octroient aux citoyens angolais le droit à la liberté de manifestation sans autorisation préalable. Conformément à la loi, les personnes qui souhaitent manifester doivent adresser, trois jours auparavant, une communication aux autorités locales afin de les informer. Les autorités ont le droit de refuser une manifestation, mais elles doivent le justifier, par écrit, dans un délai de 24 heures. Si ce n’est pas fait, la manifestation est de fait autorisée.

 

Des activistes continuellement réprimés et interdits d’activités publiques

Les mouvements d’opposition politique au sein de la jeunesse, qui manifestent contre le pouvoir et la corruption, font l’objet d’une répression continue. Depuis mars 2011, plusieurs manifestations pacifiques organisées à Luanda pour réclamer une alternance politique ont été interdites et réprimées avec un usage excessif de la force par des policiers et des personnes non identifiées. Un nombre important de jeunes ayant participé à l’organisation de ces manifestations ou ayant assisté à de tels événements ont été intimidés, enlevés, frappés et torturés par des hommes armés en tenue civile, vraisemblablement des membres des services de sécurité de l’État. Les membres du collectif Central Angola 7311 et du Mouvement révolutionnaire angolais sont particulièrement la cible des autorités à Luanda et Benguela. Plusieurs d’entre eux ont fait de la prison, une manière pour les autorités de les faire taire et de les punir.

 

Liste des jeunes activistes ayant fait l’objet de violences à Luanda et Benguela

Luanda : Francisco Gomes Mapanda, dit Dago Nivel, mordu par un chien policier au niveau de l’aine ; Henrique Luati da Silva Beirão, dit Luaty Beirão, battu à coups de bâtons et mordu à trois reprises par deux chiens policiers au bras gauche et au niveau du bassin ; Hitler Tshikonde, battu à coups de bâtons, pieds et poings ; Nelson Dibango, Arante Kivuvu, Rid Miguel, Nguinamau Sebastiao, battus à coups de bâtons ; Domingos Sebastiao, Walter Sebastiao, Emiliano Catombela, Utukidi José Carlos, battus à coups de bâtons et de poings.

Benguela : Avisto Bota, battu à coups de bâtons, de machettes et pieds ; Justino Ngando, Paulo Vinte Cinco, Amaro Quintas, Manuel da Cruz, Henrique Jamba, Belchior Domingos, Francisco Zeca, Albino Elavoco, Zeferino Mukeke, Joaquim Januario, battus à coups de bâtons et de machettes ; Luvulu Prata, battu à coups de bâtons, pieds et gifles ; Eduardo Ngumbe, battu à coups de bâtons, poings et gifles.

 

 

Vous pouvez agir en leur faveur en envoyant cette lettre.

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