Cookie Consent par FreePrivacyPolicy.com
Chine
Actualité

Soutenez la famille d’un célèbre moine tibétain pour élucider sa mort en prison

Condamné en 2002 à vingt ans de prison, ce moine tibétain, fidèle du Dalaï-Lama est décédé le 12 juillet dernier en prison dans des circonstances non élucidées. Sa famille exige de connaître la vérité. Soutenons la !
Le-leader-tibetain-Tenzin-Delek-Rinpoche-est-mort_article_popin
L’acteur Richard Gere tient une photo de Tenzin Delek Rinpoche lors de l'audition d'une commission sur les droits de l'homme au Congrès, 14 juillet 2015,Washington DC (c) PAUL J. RICHARDS/AFP
Le 17 / 08 / 2015

Tenzin Delek Rinpoche, fidèle du Dalaï-Lama, est décédé le 12 juillet dans la prison de Chuandong (province du Sichuan) dans des circonstances non élucidées. Il était l’un des prisonniers politiques détenus en Chine les plus emblématiques.

Ce moine âgé de 65 ans est mort pendant sa 13ème année de détention. Connu au sein de la communauté tibétaine pour sa participation, dans les années 80 et 90, à la construction d’écoles, d’un monastère, ainsi que d’un orphelinat, il s’était également engagé contre la déforestation, ce qui eut pour conséquence d’irriter les autorités locales. En 2002, il a été condamné à 20 ans de prison pour terrorisme et séparatisme à l’issue d’un procès inéquitable.

Pendant sa détention, des rapports ont montré à plusieurs reprises, que Tenzin Delek Rinpoche avait été torturé et que son état de santé se détériorait.

Son corps a été incinéré par les autorités pénitentiaires chinoises au matin du 16 juillet 2015 refusant ainsi la demande de membres de la famille et de la communauté internationale de restituer le corps afin d’accomplir les rites bouddhistes funèbres dans la province du Kham, à l’est du Tibet, dont il est originaire. La crémation a eu lieu dans une prison secrète, située à quelques kilomètres de la prison de Chuandong. Une trentaine de Tibétains appartenant à la famille proche auraient été autorisés à entrer à l’intérieur de la prison secrète pour voir le corps avant la crémation et effectuer une courte prière. Avant la crémation, des membres de la famille auraient été autorisés à laver le corps du moine.

Sa famille a décrit les conditions de détention comme « ignobles » et « dignes d’un mendiant ». Toutes les affaires de Tenzin Delek Rinpoché auraient été brûlées et la famille n’aurait pas été autorisée à conserver quoi que ce soit. Sa famille a déclaré qu’elle ne cesserait « d’exiger la justice jusqu’à ce que nous ayons des réponses ».

Soutenons-la !

Demandez au Premier ministre chinois de:

  • mettre en place une enquête indépendante et internationale, avec la participation d’experts medico-légaux et des droits de l’homme du Haut Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies afin d’élucider le décès en détention de Tenzin Delek Rinpoche ;
  • autoriser une visite et une enquête de la part du Rapporteur spécial des Nations unies, Juan Mendez, en raison des allégations de torture subies par Tenzin Delek Rinpoche et en vue du prochain examen périodique de la Chine devant le Comité des Nations unies contre la torture ;
  • poursuivre en justice les responsables des actes de torture et du décès de Tenzin Delek Rinpoche.

Télécharger le modèle de lettre à envoyer au Premier ministre chinois

La situation des droits de l’homme au Tibet reste extrêmement difficile et la torture y est systématique.

La  Chine a récemment adopté des nouvelles règles pénitentiaires sur le traitement des décès en prison. Celles-ci exigent des autorités de traiter le corps de prisonniers issus de minorités ethniques « en conformité  avec leurs traditions ethniques ». Les autorités pénitentiaires du Sichuan les ont délibérément bafouées dans le cas de Tenzin Delek Rinpoche.

Dès son décès connu, des milliers de tibétains ont afflué devant les bureaux des autorités provinciales pour demander la restitution de son corps à sa famille. La police aurait frappé des manifestants et tiré en l’air afin de disperser la foule. Ces dernières années, l’ensemble des manifestations pacifiques organisées par des tibétains dans cette région ont été systématiquement dispersées dans la violence. La Chine garantit pourtant dans l’article 35 de sa Constitution le droit à l’exercice pacifique de sa liberté d’expression.

En dépit du règlement pénitentiaire de la province du Sichuan autorisant les familles de détenus à un droit de visite mensuel, la famille de Tenzin Delek Rinpoche n’a été autorisée qu’à le voir une seule fois, en 13 ans de détention, à savoir en novembre 2013.

L’ACAT, ainsi que de nombreuses ONG, des gouvernements étrangers et les Nations unies ont demandé à de nombreuses reprises sa libération

Articles associés

Appel à mobilisation
Zhang-Zhan_Thumbnail
Chine

L’état de santé de Zhang Zhan est toujours inquiétant

Le 02 / 11 / 2022
Zhang Zhan est une journaliste indépendante, avocate et défenseuse des droits humains, détenue arbitrairement depuis mai 2020, pour le seul fait d’avoir exercé sa liberté d’expression en informant ses concitoyens de la réalité de la situation à Wuhan, lors du pic de la pandémie de Covid-19. D’abord portée disparue, elle a été officiellement inculpée en septembre 2020 et condamnée quelques mois plus tard à une peine de quatre ans de détention. Il y a un an, l’ACAT-France se mobilisait pour obtenir sa libération immédiate, d’autant que sa vie était en danger en raison de ses conditions de détention. Aujourd’hui, son état de santé reste inquiétant. Ne l’oublions pas.
Article
ThisIsXinjiang_Thumbnail
Chine

Ouïghours : l’effacement institutionnalisé d’une identité

Le 31 / 10 / 2022
Installés dans la région du Xinjiang, les Ouïghours sont l'une 56 ethnies officiellement reconnues par la République populaire de Chine. Pourtant, malgré cette officialisation, ils font l’objet de répressions de la part des autorités, fondées sur cette seule appartenance ethnique. Des crimes contre l’humanité, continuellement niés par les autorités chinoises.
Appel du mois
AM 2022-11-WEB-Sendinblue-ThisIsXynjang-BD2
Chine

Les Ouïghours, victimes de crimes contre l’humanité

Le 20 / 10 / 2022
Selon l’ONU, les Ouïghours sont victimes de violations massives de leurs droits fondamentaux, de crimes contre l’humanité. Toutefois, les autorités chinoises n’ont cessé de nier les répressions systémiques dont ils font l’objet.