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Le temps est venu de gracier les défenseurs des droits humains injustement détenus !

Le nouveau président du Burundi, Évariste Ndayishimiye, a la possibilité de libérer les défenseurs des droits humains et les journalistes arbitrairement détenus dans le pays. Sa prise de fonction récente est une opportunité politique pour le régime en place de rétablir la primauté du respect des droits humains et de mettre fin aux violations des droits humains passées.
VE-GERMAIN RUKUKI
Le 08 / 07 / 2020

Le nouveau président du Burundi, Évariste Ndayishimiye, a la possibilité de libérer les défenseurs des droits humains et les journalistes arbitrairement détenus dans le pays. Sa prise de fonction récente est une opportunité politique pour le régime en place de rétablir la primauté du respect des droits humains et de mettre fin aux violations des droits humains passées.

 

« Alors que cette transition politique se déroule jusqu’à présent sans encombre, l'opportunité se présente d’ouvrir un nouveau chapitre de l'histoire du Burundi […] Nos organisations encouragent le nouveau Président élu à placer son mandat sous le signe de la réconciliation et à gracier tous les défenseurs des droits humains actuellement injustement détenus, dont Germain Rukuki, Nestor Nibitanga, Egide Harerimana, Christine Kamikazi, Terence Mpozenzi et Agnès Ndiribusa » ont déclaré, le 17 juin 2020, la FIACAT et sept autres ONG[1].

 

L’ACAT-France, qui se mobilise régulièrement pour demander la libération des prisonniers d’opinion au Burundi, se joint à cette déclaration. Il serait temps pour les autorités burundaises de faire libérer les personnes qui ont été condamnées sur la base d’accusations forgées de toutes pièces alors qu’elles n’avaient fait qu’exercer leurs droits fondamentaux. Parmi ces personnes :

  • Germain Rukuki, défenseur des droits humains qui purge une peine de 32 ans d’emprisonnement en raison du travail qu’il a mené avec l’ACAT-Burundi.
  • Nestor Nibitanga, défenseur des droits humains qui purge une peine de 5 ans d’emprisonnement en raison du travail qu’il a mené avec l’APRODH.
  • Agnès Ndirubusa, Christine Kamikazi, Egide Harerimana et Térence Mpozenzi, journalistes, qui purgent une peine 2 ans et demi d’emprisonnement en raison du travail qu’ils mènent avec Iwacu.

 

Vous souhaitez que Rukuki, Nibitanga, Harerimana, Kamikazi, Mpozenzi et Ndiribusa soient graciés :


- Téléchargez la lettre, personnalisez-la avec vos coordonnées et adressez-la au Président du Burundi sur le site de l’ambassade du Burundi en France : http://www.ambassade-du-burundi.fr/nous-contacter/

- Tweetez, postez sur Facebook, faites-le savoir autour de vous !

 

CONTEXTE

 

En 2005, le Parlement élit Pierre Nkurunziza, Président de la République. En 2010, cet ancien rebelle est réélu face à une opposition désorganisée. En mars 2014, il tente de faire modifier la Constitution afin de supprimer la limitation des mandats présidentiels : les députés refusent. Face à ce camouflet, les conseillers de Nkurunziza prétendent que son premier mandat ne compte pas puisqu’il a été élu de manière indirecte par le Parlement. Le 25 avril 2015, Nkurunziza annonce qu'il se présente à l'élection présidentielle, pour un troisième mandat consécutif. Dès le lendemain, la jeunesse descend dans les rues de Bujumbura pour dire « non » au troisième mandat. La police et la milice pro-gouvernementale « Imbonerakure » répriment. C’est le début des exactions : manifestants tués par balles, torturés, menacés… Tous les partis d’opposition comme la très grande majorité des organisations de la société civile appellent à la mobilisation citoyenne pacifique pour faire échouer cette dérive totalitaire. Conscient de la vitalité de la société civile dans ce combat pour le respect des Accords d’Arusha, le régime s’engage dans une politique d’affaiblissement délibéré de cette société civile. Il profite de l’échec du coup d’État du 13 mai 2015 et de la chasse aux militaires dissidents pour décimer la plupart des médias indépendants. La quasi-totalité des défenseurs des droits humains sont contraints de quitter le pays. La communauté internationale ne réussit pas à s’accorder sur les mesures à prendre pour arrêter cette dérive. Le scrutin présidentiel se tient le 21 juillet 2015. Le 20 août, Nkurunziza est investi pour un nouveau mandat. Petit à petit, les manifestants pacifiques écrasés par la répression quittent la rue et laissent la place à ceux qui ont des armes et des revendications plus belliqueuses. La violence augmente encore : assassinats ciblés, arrestations et tortures de détenus, attentats à la grenades, etc. Après environ deux années de conflit de basse intensité, le régime, à force de répression et d’un contrôle draconien du territoire et de la société, réussi à circonscrire la menace militaire armée. Mais à quel prix ? Le pays est économiquement exsangue et vit dans la peur. Il n’existe plus de société civile indépendante. Environ 400 000 Burundais ont fui le pays. Au moins 1 200 personnes sont décédées de mort violente entre 2015 et 2018. En mai 2018, le régime fait modifier la Constitution par un référendum controversé. La nouvelle Constitution permet dorénavant au président en place de briguer deux mandats de sept ans. Le président Nkurunziza indique qu’il ne sera pas candidat au prochain scrutin présidentiel. Durant deux années, le régime refuse toute discussion sur la tenue d’élections libres, transparentes et inclusives avec l’opposition en exil, qu’elle qualifie de « putschiste ». A la fin de l’année 2019, une nouvelle rébellion armée appelée « Red Tabara » apparaît et multiplie les attaques dans le nord-ouest du pays. Le pouvoir en place accuse le Rwanda d’être derrière ce groupe armé ravivant encore plus la tension entre les deux Etats.

 

Le 20 mai 2020, l’élection présidentielle se tient dans un contexte politique tendu. A l’issue d’un scrutin entaché de nombreuses violations des droits humains et manquant de transparence et d’équité, le candidat du pouvoir, le général Évariste Ndayishimiye, 52 ans, remporte sans surprise l’élection avec 68,72% des suffrages. Le 8 juin, le président sortant Nkurunziza décède brutalement à l’âge de 55 ans obligeant Ndayishimiy à prendre ses fonctions plus tôt. Le régime fait alors front commun : le gouvernement choisi par le nouveau président est exclusivement composé de membres du Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD). Le Premier ministre – le général Alain-Guillaume Bunyoni (ex-commissaire général de la police, considéré comme le véritable numéro deux du régime depuis la crise politique de 2015) – et le ministre de la sécurité – le général Gervais Ndirakobuca (ex-chef du Service national des renseignements, pièce maîtresse de la répression depuis 2015) – sont tous deux sous sanctions des Etats-Unis et de l’Union européenne. Ce gouvernement est loin de rassurer l'opposition et la société civile.

 

 


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