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La mère d’un journaliste emprisonné disparaît à son tour

Pu Wenqing, mère du journaliste emprisonné Huang Qi, est détenue au secret par les autorités depuis le 7 décembre. Ces dernières semaines, son fils est soumis à de nouvelles pressions pour le forcer à faire des aveux en vue de son procès. Détenu depuis plus de deux ans, il est en danger de mort.
Pu Wenqing
"Huang Qi est innocent, libérez-le immédiatement !" Depuis plus de deux ans, la mère de Huang Qi se bat pour sa libération. Photo : DR
Le 17 / 12 / 2018

Pu Wenqing (蒲文清), âgée de 85 ans, a disparu le 7 décembre 2018 alors qu’elle s’était rendue à Pékin pour pétitionner en faveur de la libération de son fils, à l’occasion du 70e anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Dès sa sortie du train à la gare de l’Ouest de Pékin, elle a été suivie puis interpelée et violentée par des policiers qui l’ont poussée au sol. Elle a ensuite été emmenée au commissariat, où elle a brièvement pu alerter ses proches. Depuis, ces derniers n’ont aucun nouvelle de Wenqing et ne savent pas où elle se trouve, ni même si elle est encore à Pékin. Selon certaines sources, elle aurait été ramenée par la police dans le Sichuan, sa province d’origine, et y serait actuellement détenue.

Pu Wenqing n’a jamais abandonné son fils, le journaliste indépendant Huang Qi (黄琦). Ces dernières semaines, les autorités du centre pénitentiaire de Mianyang ont augmenté les pressions opérées sur ce dernier, détenu sans procès depuis le 28 novembre 2016. Selon ses avocats, qui ont pu rendre visite à leur client le 12 décembre, l’accusation cherche à lui soutirer des aveux en prévision de la tenue de son procès, qui n’est pas encore annoncé. Les procureurs refusent toujours d’accorder à Huang Qi une remise en liberté conditionnelle pour raisons médicales, malgré l’état de santé extrêmement préoccupant du journaliste.

Fondateur du site d’informations indépendant 64Tianwang, qui documente les violations des droits humains commises en Chine, Huang Qi garde d’importantes séquelles physiques contractées lors de précédents séjours en prison et camp de travail. Il souffre notamment d’une maladie rénale chronique, d’hydrocéphalie et d'autres affections cardiaques et pulmonaires. Huang Qi a indiqué à plusieurs reprises avoir été torturé et soumis à des mauvais traitements par des policiers et roué de coups par d'autres détenus dans le but de lui arracher des confessions. Malgré tout, il a toujours refusé de plaider coupable.

L’ACAT partage les craintes de l’entourage de Huang Qi quant à son état de santé alarmant, et enjoint les autorités chinoises à le libérer pour raisons médicales. L’ACAT estime par ailleurs que la détention de la mère du journaliste est arbitraire et illégale, et appelle à sa libération immédiate et inconditionnelle.

 

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Contexte

Harcèlement physique, psychologique et judiciaire des proches

Lorsque les autorités s’en prennent à un défenseur des droits humains, elles ne se contentent pas de l’enfermer et de le punir : elles s’en prennent également à ses proches et ses soutiens. Suite à l’arrestation de l’avocat Yu Wensheng, son épouse Xu Yan (许艳) a été interrogée par la police, menacée d’être elle aussi poursuivie en justice pour subversion et placée sous haute surveillance. La famille de l’avocat des droits humains Wang Quanzhang subit également toutes sortes de pressions : éviction de leur appartement, assignation à résidence, surveillance constante de leur domicile par des agents de police, entraves à l’inscription de leur jeune fils à l’école…

Des activistes que l’on laisse mourir derrière les barreaux

Les craintes de la mère de Huang Qi ne sont pas infondées. En dépit du statut international de Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix 2010, les autorités chinoises lui ont refusé une libération pour raisons médicales lorsque ce dernier a contracté un cancer du foie, avant de mourir quelque mois plus tard en juillet 2017. En 2014, la militante des droits humains Cao Shunli a contracté la tuberculose et une maladie des reins en détention. Ses demandes de soins ayant été refusées à plusieurs reprises, elle est décédée au bout de quelques mois. Sa famille n’a pas été autorisée à voir sa dépouille. D’autres anciens détenus ont trouvé la mort peu de temps après leur libération, à l’image du dissident Yang Tongyan en novembre 2017. L’absence d’obligation de rendre des comptes sur les décès de militants en prison ou suite à leur remise en liberté pour raisons médicales laisse craindre que nombre d’entre eux aient été causés par les mauvais traitements des autorités chinoises.

 

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