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Angola
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Justice doit être rendue pour Luaty Beirão et ses camarades

Les 17 jeunes angolais condamnés à de lourdes peines de prison à la suite d’un procès inique, pour avoir discuté autour d’un livre portant sur la démocratie, ont fait appel de leur condamnation. Les autorités angolaises doivent rapidement instruire ces recours, en toute indépendance, et rendre enfin le droit.
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Le 13 / 06 / 2016

Les 17 jeunes angolais condamnés à de lourdes peines de prison à la suite d’un procès inique, pour avoir discuté autour d’un livre portant sur la démocratie, ont fait appel de leur condamnation. Les autorités angolaises doivent rapidement instruire ces recours, en toute indépendance, et rendre enfin le droit.

 

Le 28 mars 2016, Henrique Luaty da Silva Beirão (« Ikonoklasta ») et ses seize camarades - Manuel Chivonde (« Nito Alves »), Nuno Álvaro Dala, Afonso Mahenda Matias (« Mbanza Hamza »), Nelson Dibango Mendes dos Santos, Hitler Jessy Chivonde (« Hitler Samussuko »), Albano Evaristo Bingobingo, Sedrick Domingos de Carvalho, Fernando António Tomás (« Nicolas o Radical »), Arante Kivuvu Italiano Lopes, Benedito Jeremias, José Gomes Hata (« Cheick Hata »), Inocêncio Antônio de Brito, Osvaldo Sérgio Correia Caholo, Domingos da Cruz, Laurinda Gouveia et Rosa Conde - ont été condamnés par le Tribunal provincial de Luanda à des peines de 2 à 8 ans et demi de prison, pour « tentative de coup d’Etat et association de malfaiteurs ». Ils avaient pour la plupart participé, le 20 juin 2015, à un atelier de réflexion sur la démocratie.

Leurs avocats ont saisi la Cour suprême et formé une requête en habeas corpus devant la Cour constitutionnelle. Ces recours n’ont pas encore été examinés.

Ils sont incarcérés à la prison de Viana, à Luanda, sauf Luaty Beirão, qui a été transféré de force à l'hôpital pénitentiaire de Sao Paolo, situé également dans la capitale, pour recevoir des soins antipaludéens. Pour protester contre ce procédé, Luaty Beirão a entrepris une grève de la faim.

Mobilisons-nous contre cette injustice !

 

Contexte

 

En Angola - pays d’Afrique australe dirigé par le même président depuis 1979 (José Eduardo dos Santos)- discuter d’alternance est un crime.

Retour sur l’affaire des 17 jeunes activistes en prison

La plupart des 17 jeunes ont été arrêtés arbitrairement le 20 juin 2015 à Luanda alors qu’ils participaient, dans un domicile privé, à un atelier de réflexion sur les stratégies non-violentes à utiliser pour mener à bien une transition politique. Ils discutaient autour du livre de Gene Sharp « De la dictature à la démocratie », traduit en portugais par Domingos da Cruz. Considéré comme le leader du groupe, ce dernier a été condamné à la peine la plus lourde : 8 ans et 6 mois pour « tentative de coup d’Etat et association de malfaiteurs ». Le rappeur angolo-portugais Luaty Beirao a été condamné à 5 ans et demi de prison pour « rébellion contre le président de la République, association de malfaiteurs et falsification de documents ». L’accusation principale : « attentat à la vie du président José Eduardo dos Santos » a été retirée. Seuls 14 jeunes étaient présents au tribunal le jour de l’énoncé du verdict. Nuno Alvaro Dala, en grève de la faim depuis le 10 mars 2016, était hospitalisé. Deux autres jeunes se sont vu refuser l’accès au tribunal pour avoir voulu y entrer avec des livres de droit. Ils ont été écroués avant même le verdict. Les 17 jeunes ont toujours nié les charges qui pesaient sur eux. Ils ont été transférés en prison à l’issue de leurs condamnations.

Les peines ont été prononcées sur la base d’aucune preuve concrète et à l’issue d’un procès-fleuve, entamé le 16 novembre 2015 et qui était censé durer 3 jours. La procédure a été interrompue à douze reprises et de nombreux vices de procédures ont été constatés.

Ces condamnations sont politiques. Le tribunal – clairement aux ordres du pouvoir exécutif - a voulu punir cette jeunesse angolaise qui a eu l’audace et le courage d’utiliser ses droits de s’exprimer et de se réunir pacifiquement sur une thématique sensible : l’alternance démocratique en Angola.

 

Pour de plus amples informations sur l'Angola : http://www.acatfrance.fr/actualites/?pays=AGO

 

 

Vous pouvez agir en leur faveur en envoyant cette lettre.

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