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Je soutiens les victimes du massacre de Monté Sumé

En avril 2015, Julino Kalupeteka, pasteur de l’église évangélique « Luz do Mundo » (Lumière du Monde), est interpellé par la police angolaise, accusé de pratiques sectaires et de nuire à la paix nationale. L’opération tourne au massacre de fidèles. Près de deux ans plus tard, l’impunité reste totale pour les forces de l’ordre.
ammars
Le 20 / 02 / 2017

Monté Sumé, théâtre d’une répression politique sanglante

Le 16 avril 2015, la police angolaise, munie d’un mandat d’arrêt, s’engage au cœur de la région montagneuse de Monté Sumé, où prêche Julino Kalupeteka. Le pasteur est soupçonné de collusion avec le principal parti d’opposition, l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA). Son église, accusée de constituer une « menace à la paix et à l’unité nationale », a ainsi été déclarée « sectaire » par le gouvernement de José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 1979. Mais sur place, la police rencontre des résistances : la tentative d’arrestation tourne alors au massacre. Le bilan ? Selon le gouvernement, neuf policiers et treize fidèles ont été abattus. Mais des défenseurs des droits de l’homme angolais estiment que ce sont 700 partisans de Kalupeteka qui ont trouvé la mort ; tandis que l’UNITA parle de mille tués.

De l’arrestation au procès de Kalupeteka, illustration de la violence d’Etat

Après avoir réussi à échapper à l’opération d’arrestation du 16 avril, Kalupeteka se rend deux jours plus tard. Il est emprisonné, tenu à l’écart des autres fidèles arrêtés. Son avocat, membre de l’association juridique indépendante « Mãos Livres » dénonce les conditions d’incarcération du pasteur et évoque des séquelles de torture. Au terme d’un an de détention dans l’attente de son procès, et après une enquête menée par une justice très proche du pouvoir exécutif, le verdict est rendu le 5 avril 2016. Les accusés écopent de seize à vingt-quatre ans de prison, peine maximale prévue par le code pénal angolais. Quant à Kalupeteka, il est condamné à une peine qui ne respecte pas les codes judiciaires légaux : vingt-huit ans de détention…

Un massacre enterré dans un silence international

Le gouvernement angolais a largement contribué à entraver les procédures d’enquête destinées à faire la lumière sur le déroulé de l’arrestation et sur ce qui s’est passé les jours suivants à Monté Sumé, y compris auprès des Nations Unies. Même les images choquantes de dizaines de corps inanimés et étendus sur le sol, révélées par une vidéo amateur, n’ont pas suscité de réactions quant à la nécessité de mettre en place une commission d’enquête impartiale et indépendante. A ce jour, nulle justice équitable n’a été rendue pour ces victimes de Monté Sumé. L’impunité est reine en Angola.

Lettre d'interpellation à télécharger

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