Cookie Consent par FreePrivacyPolicy.com
Guinée
Actualité

Je soutiens les victimes de Zoghota !

Le 10 novembre 2020, la Cour de Justice de la CEDEAO a déclaré coupables les forces de sécurité guinéennes d’assassinats, de tortures et d’arrestations arbitraires de citoyens de Zoghota pour des faits survenus en août 2012. Mais en Guinée, la procédure judiciaire reste bloquée faute de volonté politique.
AM 2022-02-Zoghota-COVER
Le 19 / 01 / 2022

2012. Les communautés villageoises de Zoghota, en Guinée forestière, sont furieuses contre les autorités et la société minière Vale/BSGR. Le site de Zoghota est riche en minerai de fer et les activités d’exploration menées depuis 2010 perturbent l’environnement et souillent le Mont Yono,la montagne sacrée. La société Vale/BSGR avait promis d’employer les jeunes des environs et de verser des redevances dédiées au développement local. Mais les communautés ne voient rien venir et soupçonnent le préfet d’avoir détourné l’argent.

Le 31 juillet 2012, les habitants décident de manifester. Le lendemain, le site de la mine est occupé et ses accès bloqués. La société Vale/BSGR saisit les plus hautes autorités et le 3 août, une délégation gouvernementale dépêchée par Alpha Condé, le chef de l’État, arrive sur site. Une rencontre est menée en présence des représentants de la société Vale/BSGR et des forces de sécurité. Dans la nuit du 3 au 4 août 2012, des gendarmes, policiers et militaires attaquent le village de Zoghota, endormi. Six villageois sont tués, une dizaine d’autres blessés, plus d’une douzaine sont arrêtés. Plusieurs d’entre eux seront torturés pendant leur détention. Des maisons et des bâtiments sont incendiés. Le préfet tente de mettre la responsabilité des assassinats sur le compte de prétendus rebelles.

Le 22 août 2012, l’ONG Les mêmes droits pour tous (MDT), partenaire de l’ACAT-France, dépose plainte avec constitution de partie civile devant la juridiction de N’Zérékoré contre cinq responsables militaires et policiers ayant participé à l’attaque. Ces derniers refusent de comparaître devant la Justice et le 10 décembre 2014, le dossier est renvoyé vers la juridiction de Kankan où plus rien ne se passe. En juillet 2017, MDT et Advocates for community alternatives (ACA) se rendent à Zoghota pour recueillir de nouveaux témoignages. Ils découvrent que l’entreprise Vale/BSGR s’est associée aux forces de sécurité et les a aidées à planifier l’attaque. L’entreprise a notamment fourni une assistance logistique. En 2018, deux nouvelles plaintes sont déposées en Guinée contre la société Vale/BSGR et devant la Cour de Justice de la CEDEAO contre la République de Guinée.

Le 10 novembre 2020, après deux années de procédure, la Cour de Justice de la CEDEAO condamne la Guinée à payer un montant de 4,56 milliards de francs guinéens aux victimes et leurs ayants-droits pour avoir notamment violé « le droit à la vie et le droit de ne pas être soumis à la torture ». Plus d’un an après, les autorités judiciaires guinéennes n’ont toujours pas inculpé les auteurs et responsables de ces crimes, ni enquêté sur le rôle que Vale/BSGR a joué lors du massacre.

Téléchargez la lettre d'interpellation

Articles associés

Communiqué
AAM_Sylla-Diallo_Thumbnail_20220908
Guinée

Deux mois de détention pour Oumar Sylla et Ibrahima Diallo

Le 30 / 09 / 2022
Aujourd’hui, 30 septembre 2022, cela fait deux mois qu’Oumar Sylla – coordinateur du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), coordinateur adjoint de Tournons La Page Guinée (TLP-Guinée) – et Ibrahima Diallo – responsable des opérations du FNDC, coordinateur de TLP-Guinée – sont détenus arbitrairement à la maison centrale de Conakry. Deux mois durant lesquels leurs droits ont été bafoués et leur santé s’est dégradée. Alors que la Communauté Economique des États de l’Afrique de l'Ouest (CEDEAO) s’apprête à mettre en place une série de « sanctions progressives » à l’encontre des autorités guinéennes, les organisations signataires - ACAT-France, CFDT, Tournons La Page - appellent à la libération immédiate des deux militants.
Appel à mobilisation
AAM_Sylla-Diallo_Thumbnail_20220908
Guinée

Deux leaders pro-démocratie détenus

Le 07 / 09 / 2022
Oumar Sylla – coordinateur du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), coordinateur adjoint de Tournons La Page Guinée (TLP-Guinée) – et Ibrahima Diallo – coordinateur de TLP-Guinée, responsable des opérations du FNDC – sont emprisonnés arbitrairement depuis le 30 juillet 2022. La junte militaire au pouvoir a arrêté ces deux leaders charismatiques de la société civile pensant que leur détention aurait mis un terme à la remobilisation citoyenne en cours en faveur du retour rapide à l’ordre constitutionnel.
Communiqué
cp guinee
Guinée

Guinée : le retour de la répression

Le 06 / 07 / 2022
Le 5 juillet 2022 à 14h, trois défenseurs des droits humains membres du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), dont deux sont également membres de Tournons La Page Guinée (TLP-Guinée), ont été violemment arrêtés et traînés de force dans des véhicules pick-ups par la deuxième Brigade de Répression du Banditisme (BRB).