IsraëlPalestine
Actualité

Gaza : la famille al-Louh

« Je veux dormir dans ma chambre cette nuit » insiste Mohammed face à sa mère qui le supplie de dormir dans le couloir comme chaque nuit depuis le début de l’offensive israélienne. Le lendemain, à l’aube du 20 août 2014, Mohammed est fauché dans son lit par une bombe qui tue aussi deux de ses frères.
Famille al-Louh
Rafat, Nabila, Maysara et Farah al-Louh © Anne Paq / Activestills.org
Le 09 / 02 / 2017

« Je veux dormir dans ma chambre cette nuit » insiste Mohammed face à sa mère qui le supplie de dormir dans le couloir comme chaque nuit depuis le début de l’offensive israélienne. Le lendemain, à l’aube du 20 août 2014, Mohammed est fauché dans son lit par une bombe qui tue aussi deux de ses frères Ahmed (21 ans) et Rafat (31), l’épouse enceinte de Rafat, Nabila (29), leurs trois enfants Mustafa (9), Maysara (8) et Farah (6) et la cousine de Mohammed, Iman (19).

Cela fait plus de 40 jours que l’armée israélienne bombarde la bande de Gaza, n’épargnant aucune parcelle de ce territoire exsangue. La famille al-Louh est restée dans sa maison de Deir al-Balah, n’ayant pas d’endroit plus sûr où s’abriter des bombardements. Rafat, Nabila et leurs trois enfants habitent juste à côté de la maison familiale où résident les parents et les frères et soeur de Rafat.

Ce matin du 20 août, les deux maisonnées s’éveillent avec l’appel à la prière. Rafat et son frère Ahmed, resté dormir chez lui la veille, se préparent à aller vendre des pastèques. Dans la maison d’à côté, leurs parents sont levés mais leurs frères et sœurs dorment encore. Wafaa et Mo’men dorment dans le couloir pour se protéger des attaques. Mohammed dort dans sa chambre pour profiter du lit qu’il vient de s’acheter avec l’argent récolté en vendant des pastèques avec ses frères. Leur cousine Iman, une brillante étudiante qui s’apprête à intégrer l’université, commence sa prière.

Un pilote israélien lâche une bombe d’une demi-tonne. 8 morts, 12 blessés. La famille al-Louh plonge brutalement dans la désolation.

L’association palestinienne al-Mezan a porté plainte en Israël, en vain. A ce jour, les survivants n’ont obtenu ni justice, ni réparation.

La communauté internationale doit agir pour que justice soit rendue aux victimes des crimes de guerre commis par l’armée israélienne.

Retrouvez l’histoire de la famille al-Louh dans le Webdocumentaire Obliterated Families

Contexte

L’attaque contre la famille al-Louh a eu lieu au cours de l’opération Bordure protectrice menée par l’armée israélienne contre la bande de Gaza entre le 7 juillet et le 26 août 2014.

Le bilan humain et matériel est très lourd. Selon la commission d’enquête des Nations unies, 2251 Palestiniens ont été tués parmi lesquels 1462 civils dont 551 enfants et 299 femmes. Les attaques ont aussi blessé 11 231 Palestiniens dont 3540 femmes et 3436 enfants. Quelque 18 000 logements ont été détruits ou rendus inhabitables dans la bande de Gaza, laissant environ 108 000 personnes sans abri.

Les tirs des combattants palestiniens ont causé la mort de six civils et 67 soldats israéliens et ont fait 1600 blessés.

L’armée israélienne a créé un organe d’établissement des faits (the Fact-Finding Assessment Mechanism - FFAM)chargé de collecter des informations sur des « incidents exceptionnels » survenus pendant l’offensive de 2014 et de les transmettre au procureur militaire (Military Advocate General - MAG)pour que ce dernier décide ou non d’ouvrir une enquête criminelle. L’absence d’indépendance du MAG et du FFAM, à la fois juges et parties, est régulièrement dénoncée par les ONG locales et internationales. Dernière preuve en date, le fait que sur 220 incidents transmis au FFAM, une enquête criminelle n’a été ouverte que dans 24 cas. La plupart ont été closes et des poursuites n’ont été engagées à l’encontre de soldats israéliens que dans un cas de pillage.

Source : Al-Mezan, Obliterated Families

Télécharger la lettre

Articles associés

Appel à mobilisation
Template_AAM-vignette1
IsraëlPalestine

Le calvaire des détenus gazaouis en Israël

Le 16 / 07 / 2024
Depuis le début de l’opération militaire qui a fait suite à l’attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023, plusieurs milliers de Gazaouis sont détenus. Les conditions d’incarcération sont telles qu’il y a de forts soupçons d’usage systématique de la torture, dans différents camps militaires ou prisons israéliennes. Dans ces centres de détention, qualifiés par de nombreuses organisations non gouvernementales comme étant des « Guantánamo israéliens », les détenus ne bénéficient d’aucun droit et sont soumis à des traitements déshumanisants.
Communiqué
Gaza-Bombing-20231007_by-WAFA-APAimages
IsraëlPalestine

Nous saisissons le Conseil d'État contre les ventes d'armes

Le 07 / 06 / 2024
Les organisations Action Sécurité Éthique Républicaines (ASER), Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT-France), Stop Fuelling War (SFW) et l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) se sont pourvues en cassation devant le Conseil d’État. Leur recours fait suite au refus du tribunal administratif de Paris, le 6 mai dernier, de suspendre en référé des exportations d'armes françaises vers Israël. Ces ONG exhortent la France à cesser immédiatement la vente d’armes à Israël alors que le nombre de victimes augmente chaque jour dans la Bande de Gaza.
Communiqué
Gaza-Airstrike-20231010_by-Wafa-APAimages
FranceIsraëlPalestine

Action juridique pour stopper les livraisons d’armes à Israël

Le 12 / 04 / 2024
L'ACAT-France et un ensemble d'ONG de défense des droits de l'Homme saisissent la justice en urgence pour stopper les ventes d'armes par la France à Israël. Objectif : obliger la France à respecter le droit international, qui interdit de transférer des armes vers un pays susceptible de les utiliser pour commettre de graves crimes internationaux. Par ces transferts, la France contribue au risque de faire basculer le droit légitime d'Israël à se défendre en génocide.