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Mexique
Actualité

Espionnage illégal par les autorités

Le 19 juin 2017, plusieurs associations et médias ont dénoncé des tentatives d’espionnage illégal par les autorités à l’encontre de défenseurs des droits de l’homme, journalistes et militants anti-corruption. Des partenaires de l’ACAT ont été visés.
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©Centro ProDH
Le 11 / 07 / 2017

Le 19 juin 2017, plusieurs associations et médias ont dénoncé des tentatives d’espionnage illégal par les autorités à l’encontre de défenseurs des droits de l’homme, journalistes et militants anti-corruption. Des partenaires de l’ACAT ont été visés. Les déclarations du président à la suite de ces révélations compromettent les possibilités qu’il y ait une véritable enquête et que ces faits ne puissent plus se reproduire.

Entre janvier 2015  et juillet 2016, le logiciel de surveillance Pegasus aurait été utilisé à 76 reprises pour tenter d'infiltrer les téléphones portables de défenseurs des droits de l’homme, journalistes et militants anti-corruption. Ce logiciel est vendu par l’entreprise israélienne NSO group à des gouvernements uniquement. Un message SMS contenant des liens infectés est envoyé à la personne ciblée afin d’accéder à l’information archivée dans son téléphone et d’activer micro et caméra de l’appareil, à son insu. Au moins trois institutions mexicaines auraient fait l’acquisition de Pegasus : le bureau du procureur général de la République (PGR), le Centre d’investigation et de sécurité nationale (CISEN) et le ministère de la Défense (SEDENA).

Mario Patrón, Santiago Aguirre et Stephanie Brewer, respectivement directeur, sous-directeur et coordinatrice des relations internationales de l’ONG Centre ProDH, partenaire de l’ACAT, ont été ciblés par ces attaques. Ils ont reçu des SMS en avril et juin 2016, à des moments clés de leur travail sur des affaires sensibles pour les autorités, comme les disparitions des 43 étudiants d’Ayotzinapa en 2014. Le 10 juillet 2017, il est d’ailleurs apparu que le Groupe interdisciplinaire d’experts internationaux (GIEI) de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) chargé d’enquêter sur ces disparitions a également été visé par Pegasus.

Non seulement le président Peña Nieto a discrédité les allégations d’espionnage illégal avant même qu’une enquête ait eu lieu, mais en plus il a suggéré que les personnes ayant dénoncé ces pratiques fassent l’objet d’investigations.

 

Contexte

Les ravages de la « guerre contre le crime »

À son arrivée au pouvoir en décembre 2006, le président Felipe Calderón a déclaré la guerre à la délinquance organisée. D’une manière générale, les forces de l’ordre et l’appareil judiciaire ont procédé à des arrestations et condamnations massives en recourant à l’extorsion d’aveux et aux preuves illicites. Le bilan de la guerre de Calderón s’élève à des dizaines de milliers de personnes exécutées, disparues, déplacées et torturées. L’arrivée au pouvoir du président Enrique Peña Nieto, en décembre 2012, n’a pas changé la donne.

Défenseur des droits de l’homme, un métier à haut risque

Des campagnes de discrédit et de diffamation sont régulièrement menées par des représentants politiques ou des personnes et médias proches du pouvoir à l’encontre d’ONG de défense des droits de l’homme. Le mécanisme de protection des journalistes et défenseurs des droits humains mis en place en juin 2012 demeure inopérant. Le dispositif manque de soutien politique et financier, et les attaques à l’encontre des défenseurs et journalistes ne font pratiquement jamais l’objet de poursuites. Entre janvier et août 2016, 47 défenseurs des droits de l’homme ont été assassinés. Entre janvier 2011 et mai 2016, on a recensé au moins 957 attaques à l’encontre de défenseurs.

La répression à l’encontre des étudiants d’Ayotzinapa

Dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014, des étudiants de l’école rurale des maîtres d’Ayotzinapa étaient victimes d’une terrible répression policière dans la ville d’Iguala. 43 étudiants ont disparu, 6 ont été exécutés (l’un d’entre eux au moins a été torturé) et 40 ont été blessés. Les experts internationaux du GIEI ont mis en évidence les nombreuses négligences et obstructions à l’enquête, et les victimes attendent toujours justice.

 

 

Vous pouvez agir en envoyant cette lettre aux autorités mexicaines concernées.

 

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