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En grève de la faim pour protester contre la torture de l’un d’entre eux

Depuis le 13 mai 2019, plusieurs prisonniers de conscience de la prison d’An Diem sont en grève de la faim pour protester contre la torture et la mise à l’isolement du jeune défenseur Nguyen Van Hoa.
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Nguyen Bac Truyen, Nguyen Van Hoa et Hoang Duc Binh, tous détenus à la prison d’An Diem. Photos : DR
Le 06 / 06 / 2019

Les défenseurs des droits humains Nguyen Bac Truyen et Hoang Duc Binh mènent une grève de la faim depuis le 13 mai 2019 pour protester contre le traitement réservé à un autre prisonnier de conscience, Nguyen Van Hoa, âgé de 24 ans. Ce dernier, qui purge une peine de 7 ans de prison pour avoir publié des vidéos de manifestations liées au scandale de Formosa, a été victime d’actes de torture et envoyé à l’isolement : des représailles manifestement liées à la détermination du jeune homme à faire lumière sur ses conditions de détention.

Le 28 mai 2019, le défenseur Nguyen Van Hoa a pu recevoir la visite de sa sœur. Après deux semaines passées à l’isolement à la suite de son passage à tabac, il a été transféré dans une autre section de la prison d’An Diem. Concrètement, cela signifie qu’il demeure détenu à l’isolement et sera désormais séparé des autres défenseurs emprisonnés qui l’aidaient et le protégeaient jusque-là. Les autorités l’ont averti qu’il y resterait six mois et qu’il serait « discipliné » s’il continuait d’enfreindre le règlement de la prison – c’est-à-dire enchaîné au sol. Sa nouvelle cellule mesure environ 4m2. Les rares sorties autorisées dans la petite cour dépendent du bon vouloir de ses gardes et de son « bon comportement ».

Nguyen Bac Truyen, qui partageait jusque-là la cellule de Nguyen Van Hoa, l’avait aidé à rédiger les deux plaintes pour torture déposées auprès de la prison d’An Diem et du centre de détention de Ha Tinh. Expert juridique et défenseur de la liberté de culte et de conscience, Nguyen Bac Truyen offrait avant sa condamnation à 11 ans de prison une assistance juridique gratuite aux victimes d'expropriation de terres et militait pour une démocratie multipartite. Il est soutenu dans sa grève de la faim par le blogueur Hoang Duc Binh, qui purge une peine de 14 ans de prison pour avoir partagé des informations sur le scandale de Formosa. Leur santé se dégrade et ils perdent du poids. Sans nouvelles de Nguyen Van Hoa, ils continuent de réclamer que les autorités cessent tout mauvais traitement à son encontre.

 

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Contexte

Dénoncer la torture vaut des représailles

Le jeune Nguyen Van Hoa a été victime de torture et de mauvais traitements dès son arrestation en janvier 2017, en centre de détention et après sa condamnation. À deux reprises, en septembre 2018 et février 2019, il a tenté de porter plainte pour torture en suivant la procédure légale prévue par la loi vietnamienne de 2011 sur les dénonciations (No. 03/2011/QH13). Les deux fois, les autorités de supervision de la prison d’An Diêm et du centre de détention de Ha Tinh ont ignoré ses demandes malgré ce que prévoit la loi vietnamienne. Hoa a par la suite fait l’objet de mesures disciplinaires pour violation du règlement de la prison et pour avoir « critiqué  le Parti communiste » et été battu par des gardiens.

La grève de la faim, seul recours des prisonniers de conscience

Face à l’échec des recours prévus par la loi, de nombreux prisonniers se tournent vers la grève de la faim pour tenter d’améliorer leur sort et celui de leurs camarades d’infortune. Ce recours n’est pas sans danger pour leur santé, car la faiblesse physique vient s’ajouter aux conditions de vie déjà extrêmement difficiles des prisons vietnamiennes. Surpopulation des structures, non-respect des normes d’hygiène, manque de lumière naturelle et d’exercice physique, nourriture de mauvaise qualité et insuffisante, utilisation de chaînes en tant que sanction, restrictions de sorties : ces conditions de détention constituent à de nombreux égards des violations de l’Ensemble des règles minima sur le traitement des détenus des Nations Unies (règles Nelson Mandela). Elles favorisent le développement de nombreuses infections et maladies chez les prisonniers, notamment des soucis intestinaux et des maladies de peau. Des traitements médicaux adéquats sont souvent refusés aux défenseurs des droits humains emprisonnés, qui constituent une catégorie à part de prisonniers.

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