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Mexique
Actualité

Disparition et assassinat du défenseur Arnulfo Cerón Soriano

Le 11 octobre dernier, le défenseur Arnulfo Cerón Soriano avait disparu à Tlapa de Comonfort, dans l’État du Guerrero. Les autorités ont beaucoup tardé pour le rechercher et enquêter. Malheureusement le corps d'Arnulfo a été retrouvé le 20 novembre dans une fosse aux abords de Tlapa de Comonfort.
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©DR
Le 06 / 11 / 2019

Triste nouvelle :

Début novembre, l'ACAT lançait un appel urgent (ci-dessous)  concernant la disparition du défenseur des droits humains Arnulfo Cerón Soriano. 

Son corps a malheureusement été retrouvé le 20 novembre aux alentours de 15 heures dans une fosse aux abords de Tlapa de Comonfort.

Les autorités avaient finalement lancé les recherches la semaine du 12 novembre. 

L'ACAT se joint  à la société civile mexicaine qui dénonce les conditions d’insécurité qui prévalent dans la région, la collusion de certaines autorités et institutions avec le crime organisé  ainsi que l’absence de garanties permettant aux défenseurs des droits humains et aux militants sociaux de mener à bien leur travail. L'ensemble de ces facteurs ont conduit à la disparition et à l'assassinat d'Arnulfo Cerón Soriano.

L'ACAT reste mobilisée pour exiger une enquête et des poursuites dans cette affaire.

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Arnulfo Cerón Soriano a disparu aux alentours de 20 heures le 11 octobre alors qu’il allait donner une conférence. Le lendemain matin, sa voiture a été retrouvée vide, les clés dans le contact. Bien que les premières heures soient cruciales dans ce type d’affaires et qu’une plainte ait été déposée immédiatement par les proches, les autorités ne se sont pas montrées diligentes. Un premier suspect a finalement été arrêté, mais l’enquête est loin d’être aboutie et les recherches pour retrouver Arnulfo sont pratiquement inexistantes. Les proches de la victime ont reçu plusieurs appels menaçants ses filles. La famille rapporte être constamment suivie et surveillée.

Arnulfo Cerón Soriano est un avocat défenseur des droits humains issu du peuple Naua de la région de la Montaña. Il est membre du Mouvement pour la liberté des prisonniers politiques de l’État du Guerrero et du Front populaire de la Montaña. Il a beaucoup œuvré pour la défense des droits de sa communauté et des peuples autochtones. Il s'était également impliqué aux côtés des parents des 43 étudiants d'Ayotzinapa disparus à Iguala en septembre 2014. En 2000, Arnulfo avait été arrêté, torturé et accusé d’homicide puis finalement blanchi au terme d’un an et demi de bataille juridique. Ces derniers mois, Arnulfo accompagnait, dans un climat tendu, un groupe de vendeurs de rue expulsés du centre-ville de Tlapa de Comonfort par arrêté municipal.

 

Vous voulez agir pour Arnulfo Cerón Soriano et ses proches ?

► Téléchargez ce modèle de lettre, personnalisez-la avec vos coordonnées et adressez-la à la responsable de la Commission nationale de recherche des personnes disparues.

► Partagez : Twittez, postez sur Facebook, faites le savoir autour de vous !

 

Contexte

Les ravages de la guerre contre le crime

Depuis 2006, le Mexique traverse une très grave « crise des droits humains ». Au nom de la « guerre contre la délinquance organisée », les gouvernements successifs n’ont fait qu’ajouter des violations massives des droits humains à la violence des cartels et autres bandes criminelles.

La population civile est prise en étau. Les catégories les plus vulnérables (jeunes de quartiers pauvres, femmes, autochtones, migrants) et les défenseurs des droits humains et les journalistes paient le plus lourd tribut. Homicides, torture, arrestations arbitraires, disparitions, exécutions extrajudiciaires, etc. Tous les chiffres sont alarmants.

D’une manière générale, les autorités, souvent corrompues, ne mènent pas d’enquêtes sérieuses. Le taux d’impunité des violations des droits humains est d’environ 98 %.

Défenseur des droits humains, un métier à haut risque

Les défenseurs des droits humains sont constamment attaqués du fait de leurs activités. Des campagnes de discrédit et de diffamation sont régulièrement menées par des représentants politiques ou des personnes et médias proches du pouvoir à l’encontre de défenseurs et d’ONG de défense des droits humains.

Au cours des dix premiers mois de 2019, au moins 14 défenseurs ont été assassinés. La majorité d’entre eux étaient impliqués sur des questions environnementales et appartenaient à des communautés autochtones.

Le mécanisme de protection des journalistes et défenseurs des droits humains mis en place en juin 2012 demeure inopérant. Le dispositif manque de soutien politique et financier, et les attaques à l’encontre des défenseurs et journalistes ne font pratiquement jamais l’objet de poursuites.

Le fléau des disparitions forcées

On parle de disparition forcée lorsqu’une personne est arrêtée, détenue ou enlevée avec le consentement - tacite ou explicite - des autorités, et que celles-ci refusent de reconnaître leur arrestation ou dissimulent leur sort.

Au Mexique, en dépit de l’adoption d’une nouvelle loi sur les disparitions fin 2017, le phénomène demeure massif et les enquêtes et recherches ne sont toujours pas menées sérieusement.

40 180 disparitions ont été recensées entre 2006 et janvier 2019. En réalité, ce nombre pourrait être bien plus important dans la mesure où seule une minorité de familles ose porter plainte pour la disparition d’un proche.

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