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De vaines promesses de justice ?

Après avoir reçu des milliers de lettres d’adhérents de l’ACAT, le gouvernement du Chiapas a assuré qu’il allait ordonner une véritable enquête sur le décès en garde à vue de José Rolando Pérez de la Cruz. Un an après, il n’y a eu aucune avancée!
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Proches de José Rolando Pérez de la Cruz ©DR
Le 28 / 11 / 2016

Après avoir reçu des milliers de lettres d’adhérents de l’ACAT, le gouvernement du Chiapas avait assuré qu’il ferait le nécessaire pour qu’enfin le décès en garde à vue de José Rolando Pérez de la Cruz fasse l’objet d’une véritable enquête. Un an après, il n’y a eu aucune avancée. Restons mobilisés pour empêcher que cette affaire ne demeure impunie.

Le 1er mars 2014, José Rolando Pérez de la Cruz, 21 ans, et son épouse, Lucía Pérez Hernández, rentraient chez eux à Acala quand ils ont croisé huit policiers municipaux. Sans invoquer de motif d’arrestation, les agents ont embarqué violemment le jeune homme dans leur fourgon.

La grand-mère du détenu, première à se rendre au commissariat municipal, a aperçu son petit-fils dans le couloir, le nez en sang et de l’écume aux lèvres, mais elle n’a pas pu lui parler. Elle a alerté la mère et l’épouse de José Rolando. Quand ces dernières sont arrivées sur place, on leur a annoncé que José Rolando avait été conduit au centre hospitalier où il était décédé.

Les résultats de l’autopsie ont fait état d’une asphyxie par pendaison et d’aucune lésion externe ou interne. Les autorités ont allégué que José Rolando s’était suicidé et que les policiers n’étaient pas en cause.
Pourtant José Rolando n’a été vu au commissariat municipal que deux heures après son arrestation, traîné pieds nus et sans chemise par un policier. Plusieurs personnes qui ont vu le corps post-mortem témoignent de la présence d’ecchymoses aux côtes, sur une pommette, aux sourcils et de sang dans le nez.

Deux ans et demi après les faits, aucune investigation pour torture ayant entraîné la mort n’a encore été lancée.

 

Contexte

Les ravages de la « guerre contre le crime »

À son arrivée au pouvoir en décembre 2006, le président Felipe Calderón a déclaré la guerre à la délinquance organisée. D’une manière générale, les forces de l’ordre et l’appareil judiciaire ont procédé à des arrestations et condamnations massives en recourant à l’extorsion d’aveux et aux preuves illicites. Le bilan de la guerre de Calderón s’élève à des dizaines de milliers de personnes exécutées, disparues, déplacées et torturées. L’arrivée au pouvoir du président Enrique Peña Nieto, en décembre 2012, n’a pas changé la donne.

La torture, une pratique endémique

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a enregistré une augmentation de 600 % des plaintes pour torture entre 2003 et 2013. Selon l ‘ONG Collectif contre la torture et l’impunité (CCTI), il y a une nouvelle augmentation de 1 000% sous le mandat de l’actuel président Peña Nieto (2012 – 2015).

Policiers et militaires sont généralement responsables des épisodes de torture les plus sévères au cours des premières heures de l’arrestation, des transferts et de la détention. Dans de nombreuses affaires, des agents des ministères publics sont accusés d’avoir couvert des arrestations et des détentions arbitraires, torturé les détenus et fabriqué des preuves, poursuivi les intimidations jusqu’à la présentation devant le juge. Plusieurs cas mettent également en évidence la complicité de juges qui n’ordonnent pas d’enquête en cas d’allégation de torture, d’avocats commis d’office (sous l’autorité du ministère public) qui couvrent ou taisent les atteintes aux droits de leurs clients, de médecins qui conseillent les forces de sécurité sur les tortures ou dissimulent les marques a posteriori.

 

Vous voulez agir, envoyez cette lettre aux autorités mexicaines.

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