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Craintes pour la vie de Luaty Beirão, musicien engagé, en grève de la faim, en prison

Luaty Beirão est en grève de la faim depuis le 21 septembre dernier. Sa place n’est pas en prison, mais auprès de ses proches.
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Le 16 / 10 / 2015

Luaty Beirão, 33 ans, est un rappeur angolais engagé en faveur de la démocratie. Il est en grève de la faim depuis le 21 septembre dernier. Mettre sa vie en danger est aujourd’hui sa seule arme pour se faire écouter des autorités angolaises qui le maintiennent arbitrairement en détention depuis plus de 100 jours. Sa place n’est pas en prison, mais auprès de ses proches.

Arrêté le 20 juin 2015, la détention provisoire de Luaty Beirão est devenue illégale le 20 septembre dernier, au bout de 90 jours comme le stipule la loi. Le 21 septembre, Luaty Beirão a débuté une grève de la faim pour dénoncer l’illégalité de sa détention. Le 2 octobre, il a été brièvement transféré à l’hôpital carcéral de São Paulo, mais il n’a reçu aucun soin. De retour à la prison de Calomboloca, son état de santé s’est détérioré. Le 5 octobre, Luaty Beirão a été officiellement informé qu’il était inculpé de « préparation d’une rébellion » et de « tentative de coup d’État ». Ces infractions sont passibles de trois ans d’emprisonnement. Le 9 octobre, Luaty Beirão a été, à nouveau, transféré à l’hôpital carcéral de São Paulo. Le musicien est aujourd’hui dans un état critique : il a perdu beaucoup de poids et il a de fortes douleurs à l’estomac. Il a été mis sous perfusion le 11 octobre, mais il refuse toujours de se nourrir. Sa famille et ses proches s’inquiètent fortement pour sa vie.

Les autorités angolaises doivent respecter la loi et mettre Luaty Beirão en liberté conditionnelle dans l’attente de son jugement. Sa place n’est pas en prison !

Répression contre des jeunes activistes politiques

Le 20 juin 2015, quatorze jeunes hommes, dont Luaty Beirão, pour la plupart membres de Central Angola 7311 ou de Movimento Revolucionario Angolano (Mouvement révolutionnaire d’Angola) - mouvements de jeunes prônant l’alternance politique démocratique - ont été arrêtés, sans mandat, alors qu’ils participaient - au domicile de Luaty Beirão à Luanda - à un atelier de réflexion sur les stratégies pacifiques de protestation contre le régime du Président José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 1979.

Aujourd’hui, 17 jeunes activistes, dont 15 sont en détention, sont poursuivis par la justice angolaise pour des infractions relevant de l’atteinte à la sureté de l’État. Or, se réunir pacifiquement afin de discuter d’un moyen pacifique pour favoriser l’alternance démocratique dans un pays ne constitue pas un crime selon le droit angolais et international.

Une frange de la jeunesse contestataire

Central Angola 7311 et Movimento Revolucionario Angolano font l’objet d’une répression continue du fait de leurs actions contre le pouvoir et la corruption. Depuis mars 2011, plusieurs manifestations pacifiques organisées à Luanda pour réclamer une alternance politique ont été réprimées avec un usage excessif de la force. Un nombre important de jeunes ayant participé à l’organisation de ces manifestations ou ayant assisté à de tels événements ont été intimidés, enlevés, frappés et torturés par des hommes armés en tenue civile, vraisemblablement des membres des services de sécurité de l’État.

Pour de plus amples informations sur l’Angola, voir notre page dédiée à l’Angola sur notre site Internet : http://www.acatfrance.fr/actualites/?pays=AGO

Vous pouvez agir en faveur de Luaty Beirão en envoyant cette lettre.

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