Cookie Consent par FreePrivacyPolicy.com
Tunisie
Action

Une victime de torture et sa famille harcelées par la police

Arrestation, intimidation de son fils, harcèlement de sa femme, pressions sur son propriétaire, les services de sécurité ne cessent de s’acharner sur Ramzi Romdhani.
drapeau tunisien

Le 02 / 03 / 2015

Arrestation, intimidation de son fils, harcèlement de sa femme, pressions sur son propriétaire, les services de sécurité ne cessent de s’acharner sur Ramzi Romdhani. Le jeune homme, victime de torture, fait l’objet d’un harcèlement policier et judiciaire continuel qui s’est aggravé après le dépôt de sa plainte pour torture devant la justice tunisienne en 2013.

Ramzi Romdhani est dans le collimateur des autorités car il cherche obtenir justice pour les tortures et la détention arbitraire subies sous le régime de Ben Ali. Malgré de nombreuses demandes formulées auprès du poste de police de son quartier, dans la banlieue de Tunis, les policiers refusent de lui délivrer les papiers d’identité qui lui avaient été confisqués avant son arrestation en 2007. Il ne peut donc ni travailler ni effectuer les nombreux actes de la vie courante qui nécessitent des documents d’identité.

Après une plainte pour torture déposée en 2013, les policiers de son quartier ont fabriqué des accusations à son encontre. Cela a valu à Ramzi d’être arrêté l’année suivante pendant deux jours, alors qu’il devait être auditionné en tant que victime dans le cadre de l’enquête pour torture.

Pour fuir ce harcèlement, il a quitté Tunis avec sa famille, pour s’installer à Kairouan. Malheureusement, les services de sécurité ne lui laissent pas de répit. Ces dernières semaines, la police a intimé l’ordre à son propriétaire de le chasser, alléguant qu’il est un terroriste. Il y a deux semaines, des agents ont embarqué son fils de 7 ans à la sortie de l’école. Ils l’ont fait monter dans un véhicule de police et l’ont gardé pendant une heure, ce qui l’a profondément traumatisé. Sa femme, enceinte, a été interrogée au poste de police sans avoir été convoquée légalement. Leur domicile a été fouillé, sans mandat. Enfin, le 28 février, il a été arrêté par une brigade antiterroriste alors qu’il se rendait à Tunis pour voir son avocate afin de porter plainte contre les mesures d’intimidation infligées à sa famille.

Contexte

Persistance de la torture

La torture est moins systématique qu’avant la révolution mais elle continue d’être exercée fréquemment à l’encontre de victimes aux profils divers. Comme à l’époque de Ben Ali, les jeunes musulmans pratiquants présentant un profil salafiste et suspectés de ce fait d’appartenir à des groupes terroristes constituent les principales victimes. Depuis la reprise de la lutte antiterroriste début 2012, des dizaines, voire des centaines de Tunisiens ont déjà été torturés pendant leur garde à vue. Des mineurs sont au nombre de ces victimes que leur jeune âge ne protège pas des sévices.

Les personnes suspectées d’avoir commis un crime de droit commun sont toujours fréquemment victimes de mauvais traitements pouvant aller jusqu’à la torture si le suspect refuse d’avouer l’infraction qui lui est reprochée.

Impunité, encore et toujours

Parmi les principales causes du phénomène tortionnaire en Tunisie figurent l’habitude des agents de police de recourir à la force pour obtenir des aveux ainsi que l’impunité des tortionnaires. Une seule condamnation pour crime de torture - perpétré en 2004 - a été prononcée depuis la révolution.

Le processus vers la sanction des crimes de torture est parsemé d’obstacles. Les plaintes enregistrées sont rarement instruites et, lorsqu’elles le sont, l’instruction est souvent entachée d’irrégularités.

Dans certains cas, la hiérarchie policière refuse de livrer le nom des agents qui étaient présents au poste le jour de la torture. Quand les policiers auteurs de la torture sont identifiés, ils refusent parfois tout simplement de se rendre aux convocations du juge.

Comme dans le cas de Ramzi Romdhani, les victimes qui portent plainte encourent un sérieux risque de subir des mesures d’intimidation, voire même d’être de nouveau soumises par des policiers à des mauvais traitements et des tortures pour les punir de s’en prendre à des « collègues ».

Signez la pétition

M. Salah Ben Aïssa

Ministre de la Justice tunisien

 

Monsieur le Ministre,

Je vous demande de :

  • faire cesser immédiatement tout harcèlement policier et judiciaire à l’encontre de Ramzi Romdhani et garantir la protection de son intégrité physique et psychologique ;
  • lui délivrer instamment une carte d’identité et un passeport ;
  • poursuivre et condamner les auteurs et complices des actes de torture infligés à Ramzi Romdhani.
champ obligatoire
doit être une adresse email valide
champ obligatoire
champ obligatoire
champ obligatoire
Déjà
520
Signatures

Moyen d'action

Articles associés

Communiqué
prison-2
Émirats arabes unisBahreïnAlgérieÉgypteSahara OccidentalIranIrakIsraëlJordanieKoweïtLibanLibyeMarocOmanPalestineQatarArabie SaouditeSyrieTunisieYémen

COVID-19 : Appel à protéger les prisonniers de la Région ANMO

Le 24 / 03 / 2020
À la lumière de la pandémie de COVID-19 − qualifiée « d'urgence de santé publique de portée internationale » par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) − nous, les organisations soussignées, exprimons notre vive inquiétude quant à la situation des détenu·e·s et des prisonnier.e.s dans la région de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient (ANMO). Si certains États de la région ont pris des mesures positives pour protéger la population dans son ensemble, la population carcérale reste particulièrement exposée à la propagation du virus.
Actualité
tunisie_rached_jaidane_mer_1
Tunisie

Rached Jaïdane attend toujours que justice soit faite

Le 23 / 05 / 2019
Après quatre audiences devant la Chambre criminelle spécialisée de Tunis, Rached Jaïdane doit attendre 6 mois pour la reprise de son procès. Mais les menaces qui pèsent sur le processus de justice transitionnelle se font plus menaçantes.
Actualité
tunisie_rached_jaidane_mer_1
Tunisie

Rached Jaïdane obtiendra-t-il enfin justice ?

Le 09 / 10 / 2018
Le processus de justice transitionnelle pourrait permettre à Rached Jaïdane d’obtenir enfin justice après de nombreuses déconvenues face à une justice tunisienne dysfonctionnelle. Cependant, plusieurs manœuvres cherchent à retarder voir à empêcher ce processus de fonctionner.
Communiqué
tunisie_rached_jaidane_mer_1
Tunisie

Affaire Jaïdane : Un nouveau pas vers la recherche de la just...

Le 04 / 10 / 2018
La première audience dans le cadre du processus de justice transitionnelle pour l’affaire Jaïdane a eu lieu aujourd’hui, jeudi 04 octobre 2018 à Tunis. En raison du mouvement des magistrats qui a touché la quasi-totalité des chambres spécialisées, la chambre de Tunis, composée en partie de magistrats remplaçants, a dû prononcer le report de l’audience après 45 minutes d’échanges introductifs alors même que 5 accusés étaient présents.