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Sri Lanka
Action

Des têtes de chien et des menaces de mort reçues par des partenaires de l’ACAT

Têtes de chien déposées devant leur domicile, coups de fil menaçant... des défenseurs des droits de l'homme partenaires de l’ACAT ont été menacés de mort pendant la campagne électorale qui vient de se terminer au Sri Lanka.
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Brito Fernando

Le 20 / 01 / 2015

Cette pétition est désormais fermée. Merci à tous les signataires de la pétition.

Des partenaires de l’ACAT, Brito Fernando, Phillip Dissanayake et Prasanga Fernando, ont été menacés de mort pendant la campagne électorale de six semaines qui s’est déroulée de novembre 2014 à janvier 2015.

Des têtes de chien ont été laissées devant le domicile respectif de Brito Fernando et Prasanga Fernando, deux défenseurs des droits de l’homme travaillant avec Right to Life et Families of the Disappeared, organisations de protection des droits fondamentaux. Trois jours plus tard, ils ont reçu des appels téléphoniques menaçants désignant également l’un de leurs collègues, Phillip Dissanayake. L’un des interlocuteurs anonyme a précisé qu'il savait où les enfants de Phillip Dissanayake étaient scolarisés. Prasanga Fernando s'est entendu dire que les trois défenseurs feraient bien de « préparer leurs funérailles à la maison ». Ces trois hommes sont des militants des droits de l’homme connus, qui ont par ailleurs activement soutenu le candidat de l'opposition à l'élection présidentielle au Sri Lanka. Celle-ci s’est tenue le 8 janvier.

Ce n’est malheureusement pas un phénomène nouveau. Lors des dernières élections présidentielles, en janvier 2010, un célèbre journaliste et analyste politique, Prageeth Eknaligoda, avait été menacé puis enlevé en pleine rue (l’ACAT était intervenue à l'époque à travers un appel urgent). Critique à l'égard du gouvernement, il avait écrit de nombreux articles sur l'élection présidentielle. Il demeure disparu depuis lors. Son épouse se bat depuis cinq ans pour que l’enquête avance, mais elle ne rencontre que menaces, dénigrement et silence.

À la surprise générale, le candidat de l’opposition vient de remporter les élections présidentielles. Mettra-t-il fin au pouvoir autocratique et liberticide qui a régné sur le pays ?

Élections au Sri Lanka : une lueur d’espoir ?

Coup de théâtre politique : le 8 janvier 2015, le président sortant, Mahinda Rajapakse, organisait des élections anticipées, certain d’être réélu pour un troisième mandat. Mais la voix du peuple s'est exprimée : son principal opposant, Maithripala Sirisena, a été élu. Ce dernier n’est pas un novice en politique. Ancien ministre de la Santé sous le gouvernement Rajapakse, il travaillait aux côtés de l’ancien président depuis de longues années. Les deux hommes appartiennent tous deux à la majorité cinghalaise sri-lankaise.

Sirisena a reçu le soutien de nombreuses minorités du pays et de partis d’opposition. Il semble, pour le moment, incarner l’espoir d'une meilleure gouvernance. Mais pour beaucoup, il était la seule alternative au despotisme latent de l’ancien président. Sirisena a, en effet, tout comme Rajapakse, refusé toute enquête internationale sur les derniers mois de la guerre civile dont les bombardements et la violence ont, selon l’ONU, fait plus de 40 000 victimes sri-lankaises.

Visite du pape au Sri Lanka

Le pape François s’est rendu deux jours au Sri Lanka mi-janvier. Il a appelé à la réconciliation dans ce pays longtemps déchiré par la guerre civile. Il a également exhorté au respect des droits de l'homme et à la « recherche de la vérité » dans l'après-guerre, « non pas pour rouvrir les vieilles blessures, mais pour la nécessaire promotion de la justice, la guérison et l'unité ».

La torture, une pratique routinière

Plus de cinq ans après la fin du conflit, le règne de l’arbitraire perdure au Sri Lanka. L’ACAT a publié un rapport sur le phénomène tortionnaire, dans lequel elle constate que la torture est utilisée par les forces de sécurité dans l’ensemble du pays de façon endémique. Les personnes soupçonnées d’avoir des liens avec les Tigres tamouls s’exposent à un risque accru. La justice est entièrement placée sous la coupe du président de la République et l’impunité est totale. L’effondrement de l’État de droit et le déni de justice ne font qu’encourager ces pratiques.

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